Municipales : l’association Marama Fenua appelle à un véritable débat démocratique sur l’aménagement

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À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, l’association Marama Fenua appelle à placer l'aménagement du territoire au cœur des débats. Derrière les termes techniques de « zonage » ou de « PGA », se cachent des choix politiques qui impactent notre quotidien : logement, déplacements et protection d'une nature insulaire de plus en plus fragile.

Alors que la campagne électorale bat son plein, l’association Marama Fenua, composée d’experts du secteur (architectes, urbanistes, ingénieurs), tire la sonnette d’alarme : le débat public sur ces questions reste trop souvent imperceptible en Polynésie française.

L’association rappelle que ce sont les élus municipaux qui portent la responsabilité de définir où l’on construit, quelles zones doivent être préservées et comment s’organisent les services publics.

Dans un contexte insulaire où le foncier est limité et les risques naturels (houle, inondations, glissements de terrain) réels, chaque décision est lourde de conséquences. Une erreur d’aménagement peut s’avérer irréversible pour l’environnement ou la sécurité des populations. À l’inverse, une politique réfléchie peut transformer un quartier en un lieu de vie résilient et harmonieux.

Le PGA : le « contrat » entre l’élu et le citoyen

L’outil central de cette transformation est le Plan Général d’Aménagement (PGA). Loin d’être un simple document administratif figé, le PGA est un véritable projet de territoire qui fixe les règles du jeu : hauteurs des bâtiments, densités, zones agricoles protégées ou futurs équipements publics.

Selon l’association :

  • 16 communes sur 48 disposent d’un PGA approuvé.
  • Cela couvre 54 % de la population polynésienne.
  • Dans l’agglomération de Tahiti, 5 communes sur 7 sont couvertes (Mahina, Pirae, Papeete, Punaauia, Paea), représentant 71 % de sa population.

Pourtant, des zones entières, notamment aux Tuamotu-Gambier (seulement 2 communes sur 17) ou aux Australes (aucune commune), restent sans cadre d’aménagement global. Pour Marama Fenua, voter les 15 et 22 mars ne consiste pas seulement à choisir une équipe, mais à valider une manière de concevoir l’usage de la terre et la protection des ressources pour les décennies à venir.

Un débat nécessaire pour éviter l’urbanisation subie

L’association, relancée activement depuis janvier 2025, souhaite sortir l’urbanisme des bureaux d’études pour le ramener dans l’arène publique. Elle soulève des questions essentielles pour les candidats :

  • Faut-il densifier les centres-villes ou laisser l’urbanisation s’étendre de manière diffuse ?
  • Comment faire respecter les règles d’urbanisme face à la pression foncière ?
  • Les communes sont-elles prêtes à assumer davantage de compétences, comme la délivrance autonome des permis de construire ?

« Débattre d’urbanisme, ce n’est pas politiser excessivement des sujets techniques, c’est reconnaître qu’ils engagent l’avenir collectif », affirme l’association. En interpellant les candidats, les citoyens peuvent transformer une élection de proximité en un véritable choix de destin territorial.

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