Billy Besson, du lagon de Tahiti aux 8 titres mondiaux

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Invité du journal de TNTV, Billy Besson, figure majeure de la voile internationale originaire du Fenua, est revenu sur son parcours d’exception. Formé sur les eaux de Tahiti avant de décrocher huit titres mondiaux et de représenter la France aux Jeux olympiques de Rio en 2016, l’ancien skipper de l’équipe française en SailGP a partagé son expérience du haut niveau et adressé un message aux jeunes régatiers polynésiens.

TNTV : Tu es actuellement en séjour au Fenua. Que deviens-tu, Billy ?
Billy Besson, champion de voile : « Exactement, je suis en séjour au Fenua. Qu’est-ce que je deviens ? C’est une bonne chose. Je suis moniteur… et je suis toujours compétiteur. Je fais de la voile en Suisse sur des bateaux volants, des catamarans volants. On est six à bord et il y a un tournoi, comme une Coupe du monde, tout le long de l’année. Donc du coup, je fais ça comme bateau. Je m’amuse, et qui l’eut cru car que je ne pensais pas faire ça toute ma vie. Mais c’est quand même sympa de faire ce qu’on aime toute sa vie, pour l’instant. Je touche du bois. »

On a pu voir le reportage avec ces jeunes régatiers. Est-ce que tu t’es replongé dans ta jeunesse en voyant ces images ?
« Exactement. En fait, je les ai vus cette semaine évoluer. Et je trouvais ça incroyable parce que j’ai vraiment l’impression de me voir en Optimist quand j’étais tout petit et que j’apprenais les bases, en tout cas du fondement de la régate. Parce qu’en fait, la voile, mine de rien, il y a de la stratégie, de la tactique, les courants… Il y a vraiment beaucoup de choses qui s’activent. J’avoue que c’est vraiment sympa de voir l’apprentissage des enfants et le moment où ça percute. Et le moment où, justement, ils apprennent à faire ça. Donc ça, c’est sympa. »

 

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Tu es un exemple pour eux. Qu’est-ce que tu leur conseillerais ? Quels seront les obstacles du haut niveau à franchir ?
« Qu’est-ce que je leur conseillerais ? En tout cas, c’est garder la motivation, avoir de la pugnacité, ne pas abandonner. C’est rigolo, j’entendais un gamin dire justement : il ne faut pas abandonner parce que ce n’est jamais fini. Et c’est vraiment ça, c’est vraiment ce message-là. C’est-à-dire qu’il ne faut pas s’arrêter au premier obstacle. La vie est dure pour tout le monde, même pour un sportif. C’est pour ça qu’il faut essayer de garder le cap.

Quelles ont été les grandes étapes dans ton parcours, que tu retiens ?
« Franchement, en premier, bien sûr, il y a l’éloignement quand on part en France, l’éloignement de la famille. Mais surtout, il faut rester concentré sur ce qu’on fait. Pourquoi on est là ? Parce qu’on aimerait performer dans notre domaine, être le meilleur. Donc rester concentré dessus jusqu’à ce que l’objectif arrive. »

Sportivement, qu’est-ce que ça demande ? De l’engagement physique aussi tous les jours ? De l’organisation ?
« Exactement. Clairement, ça demande beaucoup d’organisation, du physique, bien sûr. Quand on fait partie de l’équipe de France, on demande beaucoup, même sur le plan médical. On est suivi médicalement. Mais au-delà de ça, ce sont vraiment des jours de présence sur l’eau où on va s’entraîner. Et en moyenne, si on veut vraiment atteindre le très haut niveau, c’est entre 280 et 300 jours par an. C’est-à-dire que c’est un gros engagement qu’il ne faut pas négliger. Il ne faut jamais négliger l’objectif que l’on veut atteindre, peu importe l’objectif que l’on se fixe. Il faut le faire bien et essayer de tout donner pour le faire. »

Quelle est ta vision sur le niveau local ici ?
« Franchement, j’avoue que c’est un peu cyclique. Il y a eu des hauts et des bas. Et là, vraiment, on est sur une dynamique, je trouve, assez bonne. Je sais qu’il y a les Jeux du Pacifique l’an prochain. Et clairement, je sais que les jeunes qui sont là n’iront pas. Mais par contre, je vois qu’ils ont le talent, le goût de l’envie de bien faire. Et ça, c’est vraiment bien. Ça va leur donner des capacités à être présents et à vouloir donner, à donner envie. »

Juste pour terminer, l’année prochaine ce sont les Jeux du Pacifique. Est-ce que tu représenteras le Fenua pour ces Jeux ?
« Ce qui est sûr, c’est que j’aiderai au maximum le Pays pour avoir le plus de médailles possible. »

Super. On se donne rendez-vous l’année prochaine. Merci encore d’avoir accepté notre invitation.
« Merci à toi. »

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