« Un paysage apocalyptique » : le témoignage d’un Polynésien confronté aux incendies dans l’Hexagone

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Giovanni Pea est un Polynésien installé depuis de longues années dans la région de Bordeaux et du Cap Ferret, zones touchées par de très violents incendies depuis quelques jours. Il a été contraint d’évacuer le camping dans lequel il séjournait pour trouver refuge au sein de son domicile principal. Il dépeint un « paysage un petit peu apocalyptique ». « Nous sommes sur le qui-vive toute la journée », explique ce restaurateur, « c’est la première fois qu'on vit ça de près ». Témoignage.

Giovanni Pea a posé ses valises il y a près de 40 ans dans l’Hexagone. Il est aujourd’hui à la tête de deux restaurants. L’un à Bordeaux, et l’autre au Cap Ferret, régions qui font face à des incendies « historiques ».

Des feux, Giovanni en a connus par le passé. Mais jamais de cette ampleur. « Tant que ça ne nous touchait pas personnellement, on ne s’en inquiétait pas vraiment. Aujourd’hui, ça nous touche de près, nos amis aussi sont touchés, nos voisins. Les choses sont complètement différentes. Là on parle quand même de 40 000 hectares d’incendie. C’est la première fois qu’on vit ça de près », explique-t-il à TNTV.

Ces dernières semaines, le restaurateur résidait dans son mobil-home près du Cap Ferret. Dans un camping qu’il a été contraint d’évacuer en urgence en raison de la propagation rapide des flammes.

« Le feu s’est déclenché à environ 15 kilomètres du Cap Ferret (…) Les évacuations ont commencé aux alentours d’une heure, deux heures du matin. Au début, on n’a pas pris la chose au sérieux. On s’est dit que c’était simplement une alerte (…) Nous espérions revenir le vendredi, mais ça ne s’est pas fait parce qu’il y a eu une aggravation de la situation dans la journée de vendredi. Le camping a été touché apparemment avec certainement des dégâts mais je ne peux pas vous dire à l’heure actuelle leur étendue », ajoute Giovanni.

Il a donc trouvé refuge dans sa résidence principale à Bordeaux, mais la ville est aussi impactée.  « Les fumées arrivent, ce qui fait que nous avons un ciel voilé avec le sentiment d’un paysage un petit peu apocalyptique. Nous sommes enfermés, confinés pour ne pas subir les odeurs de fumée ».

« Nous sommes sur le qui-vive toute la journée », dit Giovanni qui ne sait toujours pas si son restaurant du Cap Ferret et son mobil-home ont résisté aux feux : « On essaie de s’appeler entre voisins confinés sur Bordeaux en ce moment mais nous n’avons aucune information ».

Autre sujet d’inquiétude, pour lui, les conséquences des incendies sur son activité. « Beaucoup de réservations ont été annulées aussi bien au sein du restaurant qu’au sein des campings et des hôtels qui accueillent donc des touristes tout l’été. Aujourd’hui, mon personnel est au chômage technique. Je n’ai aucune visibilité sur l’avenir.  Même si le restaurant rouvre il y a quand même un constat d’échec. Nous travaillons essentiellement en juillet, août et septembre pour faire notre chiffre d’affaires de l’année. Il va falloir s’attendre certainement à des difficultés à venir », souffle-t-il.

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