La portion de route de Arue où Taruia Krainer a été percuté, ce lundi, est devenue le symbole d’une colère qui monte chez les cyclistes. Sur cet axe très fréquenté, les véhicules circulent à vive allure, sur une chaussée endommagée, tandis qu’aucune piste cyclable ne permet de protéger les usagers à vélo.
Le champion de Polynésie s’y entraînait lorsqu’il a été percuté par l’arrière par une automobiliste. Un accident qui l’a conduit à l’hôpital, et le contraint à observer environ deux mois de convalescence, mettant fin à sa saison sportive. Krainer devait notamment participer au Tour de Guyane, dans deux semaines.
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« Depuis le début de l’année, il y a déjà plusieurs cyclistes qui se sont fait renverser. On en a marre, il faut qu’on exprime notre colère. On a que notre casque pour nous protéger, les voitures ont leur carrosserie… Le constat est vite fait ! », dénonce-il.


À un an des Jeux du Pacifique, le coup est particulièrement rude pour le champion de Polynésie, qui comptait décrocher une médaille. Au-delà des blessures physiques, c’est désormais un important travail mental qui l’attend avant de retrouver la route. « C’est plutôt psychologiquement que j’appréhende, même si on savait que ca allait arriver un jour (…). Peut être que je vais faire du home trainer au début à la maison, tranquillement, et les weekends des sorties en groupe pour être vraiment en sécurité » , confie-t-il.
Depuis le début de l’année, plusieurs cyclistes ont été renversés. L’accident de Krainer remet la question de la sécurité au centre des routes du fenua. La Fédération tahitienne de cyclisme réclame des aménagements, et davantage de sensibilisation auprès des automobilistes, pour permettre à chacun de partager la chaussée dans de meilleures conditions. « On doit améliorer ce champ d’action pour permettre à tout le monde de pouvoir aller au travail a vélo, de pouvoir faire du sport, de pouvoir aller à l’école à velo, de pouvoir faire ses courses au magasin en toute sécurité », plaide Benoit Rivals, président du Vélo Club de Tahiti.
Contactée, la Direction des transports terrestres n’a pas souhaité s’exprimer. Elle affirme néanmoins qu’une rencontre avec la Fédération tahitienne de cyclisme doit prochainement avoir lieu afin de discuter de solutions.



