Le violeur de mineures récidiviste condamné à 20 ans de réclusion criminelle

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L’homme jugé depuis mardi par la cour d’assises de Papeete pour tentative de viol sur une adolescente, en état de récidive, a été condamné, ce mercredi soir, à 20 années de réclusion criminelle. Ce schizophrène de 42 ans a déclaré à l’audience ne pas se souvenir des faits…sans convaincre.

La deuxième et dernière journée du procès s’est tenue, ce mercredi, au palais de justice de Papeete. Comme la veille, l’accusé a dit ne pas se souvenir de la tentative de viol commise sur la fille de l’un de ses amis, âgée de 17 ans, en septembre 2023 aux Marquises, alors que celle-ci dormait.

En revanche, il a indiqué avoir lui-même été victime de violences sexuelles dans son enfance, puis jeune adulte, et, enfin, lorsqu’il se trouvait en prison pour sa première condamnation. Une peine de 12 ans pour des agressions sur ses jeunes cousines et une autre petite fille.

Dans la matinée, les experts ont livré leurs analyses de la psyché du mis en cause. “Il présente une dangerosité psychiatrique”, a asséné l’un d’eux, insistant sur “un suivi indispensable toute sa vie”.

Mais quant à sa responsabilité au moment du passage à l’acte, elle a estimé que son discernement était altéré en raison de sa schizophrénie. Un élément que doit prendre en compte la cour pour établir la peine prononcée.

Il semble minimiser la gravité de ses actes et rejette la faute sur ses victimes”, a déclaré un autre expert, ajoutant que le quadragénaire se “demandait si la victime ne l’a pas confondu avec son père”.

Appelé à la barre, ce dernier s’est indigné d’être mis en cause : “Jamais ! (…) M’accuser ? J’ai envie de la cogner. Je n’ai jamais touché mes enfants”.

La vérité le dérange car il sait qu’il risque beaucoup d’années de prison. Et il n’aime pas la prison”, a enchainé l’avocate de la jeune fille, Me Karina Chouini.

« Il ne sait pas ce qu’est le consentement »

Pour elle, l’accusé avait prémédité son passage à l’acte en s’invitant au sein du foyer de sa victime avec bières et bouteilles de rhum, et en buvant de longues heures avec son père : “Il savait qu’il avait une propension à l’alcool. Il a profité de sa faiblesse. Le loup est entré dans la bergerie”.

Pour l’avocat général Jacques Louvier, la culpabilité de l’homme ne souffre pas non plus du moindre doute. Le représentant du ministère public a souligné que toute l’après-midi l’homme avait navigué sur des sites pornographiques.

Le téléphone, c’est la preuve principale. Il a consulté en 5 mois plus de 1000 films pornographiques avec des thèmes très spécifiques, notamment ‘fille endormie’. C’est son fantasme. Et justement, elle dormait. Est-ce un hasard ? Non. Il n’y a pas de hasard (…) Il a déjà été condamné pour les mêmes faits. Le psychiatre l’a dit, il ne sait pas ce qu’est le consentement », a martelé le magistrat face aux jurés.

Il a dans la foulée requis une peine de 25 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers.

En défense, Me Hina Lavoye a plaidé l’acquittement au bénéfice du doute, aucune preuve tangible ne permettant de démontrer la culpabilité de son client.

Une innocence écartée par la cour d’assises. Après des délibérations de plusieurs heures, elle a prononcé une peine de 20 ans de réclusion criminelle contre le quadragénaire, mais sans l’assortir d’une période de sûreté. L’accusé a été reconduit derrière les barreaux à l’issue de l’audience.

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