« C’est insoutenable » : 6 semaines d’ITT pour un taote attaqué par un chien lors d’une visite

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Victime d’une violente attaque de chien lors d’une visite à domicile à Papenoo, le docteur Jean-Marie Debruyne dénonce l’insécurité liée aux chiens errants et divagants au fenua. Blessé à la main et contraint à six semaines d’ITT, le médecin, qui a connu d'autres attaques, appelle les pouvoirs publics à réagir face à un phénomène qu’il juge “inadmissible”.

Deux mois après, les souvenirs de l’attaque sont encore vifs. Le 19 mars dernier, une visite médicale à domicile a viré au cauchemar pour le taote Jean-Marie Debruyne. Médecin généraliste installé à Mahina depuis plus de trente ans, il se rendait chez un patient à Papenoo lorsqu’un chien errant l’a violemment attaqué.

D’un seul coup, il s’est jeté sur moi, en furie (…). Je me suis protégé avec ma sacoche. Après, il m’a mordu le mollet, mordu sous le bras. Et il m’a fait tomber avec un traumatisme de l’épaule, costal, et surtout une fracture de la main” , raconte le praticien. Une blessure qui nécessitera une opération et la pose d’une broche pendant six semaines.

 

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Le médecin affirme avoir été pris totalement au dépourvu. “J’ai eu peur de me faire mordre encore plus, parce que j’étais à terre, impuissant” , confie-t-il. Deux riveraines présentes sur place auraient finalement réussi à maîtriser l’animal. Dr Debruyne a porté plainte à la gendarmerie de Tiare, et sollicité le Conseil de l’Ordre, ainsi que le syndicat des médecins de Polynésie française, en vue de se constituer partie civile.

Cette attaque est la troisième de sa carrière, et la seconde dans le cadre professionnel. “C’est insoutenable et inadmissible (…). Il y a un laxisme énorme et une incompétence au niveau des pouvoirs publics pour gérer ce problème-là. Il y a beaucoup trop de chiens en Polynésie, de chiens errants qui sont malheureux, agressifs. C’est un danger pour la population » , estime-t-il, ajoutant que d’autres professionnels de la médecine en libéral sont confrontés aux mêmes risques lors de leurs tournées.

Au-delà de son cas personnel, le docteur Debruyne dénonce un problème de santé publique lié aux chiens errants et divagants. « Les gens ont peur de marcher, de se déplacer sur le bord de route (…). Or, on sait très bien que le sport est un élément important pour lutter contre l’obésité » , insiste-t-il.

Parmi les mesures qu’il défend : davantage de moyens pour les communes, la stérilisation des chiens, ou encore des clôtures obligatoires dans certaines propriétés. “Je trouve ça inadmissible que nous, soignants, soyons attaqués par des chiens qui mettent notre activité en danger”, conclut-il.

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