Rugby : Tahiti remporte le premier tournoi international U14

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La sélection tahitienne de rugby à 7 a brillamment remporté mardi le premier tournoi international U14, face aux sélections des îles Cook, de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis et Futuna. Un tournoi disputé au stade de la Punaruu… la veille du jour prévu !

« On est une petite équipe, mais on doit montrer ce qu’on vaut ». Ainsi parlaient, sans confiance excessive, les jeunes Tahitiens avant leurs premiers matchs face à leurs voisins du Pacifique. Et ils ont montré bien plus, faisant même mentir le Président de la Fédération Patrick Lopez-Diot qui pressentait des niveaux « assez équitables ».

D’abord face à la sélection de Wallis et Futuna, aux gabarits impressionnants, sans doute plus taillés pour le rugby à 15. Plus fins, plus rapides, souvent plus petits et moins puissants, mais plus adroits et plus vifs, les joueurs des clubs polynésiens remportent aisément leur premier match (31-7), tandis que les Cook battent la Nouvelle-Calédonie (12-10).

Forts de ce premier succès, les adolescents locaux abordent le deuxième match avec confiance, face à la Nouvelle-Calédonie. Leur jeu tout en vivacité fait merveille et ils dominent largement le Caillou (29-0). De leur côté, les Îles Cook enchaînent aussi une deuxième victoire, cette fois contre Wallis (17-10).

La petite finale oppose donc Wallis à la Calédonie. Et les Dieux du rugby décident que ce premier tournoi international U14 n’aura pas de perdant : les deux équipes font match nul (26-26).

Le trophée se joue donc entre Tahiti et les Îles Cook, quelque peu mises en difficulté par des règles inhabituelles pour ces joueurs. Cette fois encore, les Tahitiens font preuve d’une belle cohésion et d’une maîtrise technique appréciable pour leur âge : très peu de ballons perdus, une pluie d’essais signés par les désormais célèbres jumeaux de Paea Manuarii et Manutea Teinaurii, mais aussi par l’ailier supersonique Elyas Tefaatau ou le valeureux capitaine Matahiarii Aperahama-Taaroa, appuyés par le pied sûr de Jackson Bourne ou d’Ariihee Wong Sung. Mais c’est surtout leur vitesse et leur solidarité qui leur permet de remporter sans trembler cet ultime défi (24-10) et de décrocher un trophée remis par le Ministre des Sports.

« On avait des petits gabarits et on a joué sur nos points forts : la vitesse de réaction et de passe. Il faut féliciter ces jeunes très assidus aux entraînements ces deux derniers mois, avec leurs entraîneurs Herenui Tehuiotoa, Teva Barbarisi et Thierry Nouailles » a applaudi leur manager Gilles Lafitte.

Un défi remporté par l’équipe, mais également par la Fédération Polynésienne de Rugby, qui a dû tout réorganiser en moins d’une journée. Car ce tournoi devait avoir lieu mercredi… mais un incident sur un avion d’Air Câlin a contraint la compagnie à proposer, aux sélections calédonienne et wallisienne, un vol une semaine plus tard… ou 36 heures plus tôt ! Elles s’envolent ce mercredi matin et ont donc failli partir… avant le tournoi qu’elles devaient disputer.

Fort heureusement, tout le monde y a mis du sien : les bénévoles de la fédération et des clubs, l’IJSPF, le stade de la Punaruu, les clubs d’athlétisme et de football qui ont accepté de différer leurs entraînements pour laisser la place à cette belle fête du sport.

Ils ont bien fait : pas un incident, pas un mauvais geste. Des embrassades sincères après les matchs. Du beau rugby… et ce n’est qu’un début. « Ce tournoi initie des échanges dans tout le Pacifique » se réjouit Thierry Nouailles. Le directeur technique, Gille Lafitte, confirme : « On fait trois tournois internationaux par an. Certains joueurs de cette génération U14 vont pouvoir postuler au tournoi U16 en Nouvelle-Calédonie en octobre. Et pour les plus grands, ce sera le tournoi U18, mi-août à Wallis et Futuna ».

Un moyen, aussi, de voyager et de s’ouvrir, à travers le rugby. Plusieurs jeunes visiteurs quittaient leur île pour la première fois et ont profité de cette semaine sportive pour découvrir Tahiti et sa richesse culturelle. Les Tahitiens feront de même chez leurs cousins océaniens.

Ces joueurs ne seront pas assez âgés pour disputer les Jeux du Pacifique à domicile, l’an prochain. Mais pour les Jeux suivants, c’est peut-être une génération dorée qui est en train d’émerger.

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