TNTV : Alors Benjamin, cette année 2025, vous avez fini 4e de la catégorie Elite en Nouvelle-Zélande pour votre premier Ironman. Vous êtes qualifié également pour le championnat du monde Ironman à Nice. Pour votre première participation, vous avez terminé 29e. Que retenez-vous de ces deux courses ?
Benjamin Zorgnotti, triathlète de haut niveau : « Déjà, un peu de surprise parce que je me suis relancé après un petit arrêt de carrière en fin d’année 2024. Et je suis revenu un peu de nulle part. J’avoue, j’ai changé de coach, j’ai voulu relancer une dynamique et je me suis dit, je vais aller sur quelque chose que je ne connais pas. Et l’Ironman, je ne connaissais pas. Et du coup, j’y suis allé et ça a marché une première fois en Nouvelle-Zélande. Un petit peu plus mitigé pour Nice, le championnat du monde. Mais voilà, c’est une expérience incroyable que j’ai vécue là-bas. C’était quelque chose à vivre et maintenant, je veux le revivre forcément. Mais en y amenant un petit peu plus de performance. Je pense que 29e, c’est bien. Mais je suis persuadé qu’il y a mieux à faire et j’espère pouvoir mieux faire. »
On est sur des efforts physiques d’au moins 8 heures. L’épreuve pour le corps est colossale. Pourquoi vous embarquer dans ce type de format ?
« J’ai fait longtemps du circuit court. J’ai lancé vraiment ma carrière pro en fin 2018. Avec une idée d’avoir une médaille d’or aux Jeux du Pacifique qui m’échappait depuis 2 éditions. Donc 2 éditions, c’est 8 ans. J’y suis allé, j’ai eu ma médaille d’or en 2019 sur le circuit court. Le circuit un peu mondial olympique. Et en fait, j’ai fait le tour. J’ai fait un peu des courses sur les 5 continents. Et à un moment donné, je me suis dit que j’allais chercher autre chose. J’ai commencé sur le format Half Ironman. Pareil, j’ai fait 4ème en Nouvelle-Zélande. Qualification en 2023 pour le championnat du monde de 70.3. Donc de Half Ironman. Et ça m’a donné envie de continuer sur cette voie-là. Et j’ai commencé ma transition un petit peu là-dessus. Half Ironman, puis Ironman l’année dernière seulement. Je suis un petit jeune sur la distance. Mais j’ai vraiment envie de basculer vraiment sur cette distance qui me plaît vraiment bien. Et qui me convient bien apparemment. »
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Au niveau des entraînements, les conditions météo à Tahiti mettent les athlètes à rude épreuve. On l’a vu récemment lors de l’Ultra Trail de Moorea. 50% d’abandon sur les 80 et 48 kilomètres. Est-ce que selon vous, on peut s’entraîner efficacement ici à Tahiti ?
« Oui, oui. Mon coach n’est jamais venu ici. Mais il a coaché à La Réunion par exemple, qui a un climat un peu similaire à chez nous en hiver en Europe. Il faut adapter l’entraînement évidemment. Il ne faut pas avoir les mêmes zones d’entraînement. Il faut faire attention à ce qu’on fait. Il faut bien s’hydrater. Il y a des choses à faire attention. Mais moi je suis persuadé qu’on peut en tirer un réel bénéfice. On a montré qu’aujourd’hui les entraînements à la chaleur, c’était équivalent à des entraînements en haute altitude. On connaît bien les entraînements en haute altitude sur tous les sports. C’est une contrainte qu’on met. Et on va libérer la contrainte une fois qu’on part à l’international. Parce que des conditions plus dures qu’ici, c’est difficile à trouver. Moi en l’occurrence, je cherche à aller à l’Ironman de Hawaii. Donc je vais essayer d’aller là-dessus. Mais j’en suis sûr qu’on peut faire les choses bien ici. Et on essaye de faire les choses bien avec mon coach. »
Alors justement, l’Ironman de Hawaii, c’est votre but. Est-ce que vous êtes prêt à y participer ?
« Là aujourd’hui, non. Je suis encore convalescent. Je me suis fait opérer fin octobre d’une petite gêne que j’avais depuis pas mal de temps. J’espère que ça va être derrière moi. Je ne reprends pas ma saison en mars. Voire même la semaine prochaine. Je vais partir en Nouvelle-Zélande. J’annule ma compétition. Je vais reprendre en Nouvelle-Zélande pour aller sur l’Ironman de Nouvelle-Zélande. Pareil, je pense que je ne serai pas prêt. Donc on va essayer d’aller plus loin. Parce que pour se qualifier à Hawaii, il faut se qualifier. Et donc il faut aller faire sur un Ironman une performance déjà. »
Est-ce que vous savez déjà quel Ironman vous allez faire du coup ?
« Pour l’instant, le calendrier, il va dépendre un petit peu de la gêne que j’ai. Quand est-ce que je la fais partir ? Aujourd’hui, je cours encore avec de la douleur. Donc j’espère pouvoir passer un marathon prochainement. Pour l’instant, avec mon coach, on s’est projeté sur fin mai, potentiellement au Brésil. On verra. On n’en fait pas une fin en soi. Si ce n’est pas 2026, c’est que ce n’est pas 2026. Par contre, on va bien préparer les choses pour le faire en 2027. En octobre 2027, pn pourra très bien allier les Jeux du Pacifique et l’Ironman d’Hawaii. C’est des choses qui se font. Mais évidemment, si je prends la qualif en 2026, j’irai avec grand plaisir.
Vous avez reçu le prix du meilleur athlète au Aito Tuaro. Et vous êtes en lice pour les douzièmes trophées du sport. Est-ce que c’est une satisfaction pour vous ?
« Oui, c’est une satisfaction parce qu’on n’est que trois. Il y a énormément d’athlètes polynésiens qui font des très belles performances de partout. Et du coup, être sur les deux tableaux, qui sont des jurys complètement différents, ça fait plaisir. Le Aito Tuaro, c’est fait. Je suis très content de l’avoir gagné. Et les trophées du sport, ça va être autre chose. C’est deux événements qui ont leur place, qui sont différents, qui sont chacun plein de surprises. Et du coup, je suis vraiment content de faire partie des trois finalistes sur les deux tableaux. Ça fait plaisir. Ça veut dire que j’ai marqué l’année 2025 un peu malgré moi. Parce qu’honnêtement, je ne me suis pas rendu compte de ce que je faisais. Des fois, ma femme me fait un peu relever la tête en me disant « c’est quand même bien ce que tu fais ». Donc, c’est cool de vivre des choses comme ça. »
On va parler un petit peu des Jeux du Pacifique. En termes d’infrastructure, est-ce que vous pensez que le Pays offre des conditions suffisantes actuellement pour préparer des épreuves de très haut niveau ?
« Aujourd’hui, c’est compliqué parce que tout se fait un petit peu en même temps. On n’a pas trop accès aux infrastructures. Moi, ça va, je m’entraîne surtout sur de l’extérieur. Mais je pense à des gens qui doivent avoir accès à une piste ou à des infrastructures spécifiques. Ça aurait été bien d’avoir ça avant pour avoir un vrai avantage sur le terrain, sur le sol sur lequel on va exercer. Mais bon, on fait avec. Moi, mes problèmes que je rencontre aujourd’hui, c’est sur tout ce qui est route. Parce qu’il y a beaucoup de travaux sur la route. Nous, on roule côte Est. Côte Ouest, c’est un peu saturé et c’est un peu dangereux pour nous les cyclistes. Donc, on va plutôt rester tranquille sur la côte Est. Moi, je fais des efforts qui sont longs. Donc, trouver des portions de route propres et longues, c’est assez compliqué. Parce qu’on a les travaux de PK 43 à Hitiaa. On a les travaux aussi à Papenoo. On a des travaux un peu partout. On fait avec, je m’adapte. Mais ce serait bien que ça se fasse au plus vite pour qu’on puisse vraiment libérer tout le potentiel. »
Et comment se présentent les entraînements des Jeux du Pacifique pour vous ?
« Les entraînements, moi, c’est un peu spécifique. Parce que le triathlon, là, je suis passé sur full Ironman. C’est des efforts de 8 heures. Sur des Jeux du Pacifique, je dois retrouver de la vitesse. C’est complètement différent. Je vais retrouver des efforts d’une heure que j’ai fait pendant longtemps. Donc, j’ai encore des restes. Mais c’est complètement différent. Et moi, en plus, j’ai pour ambition de… À chaque fois, je ramène 4 médailles d’or. Je sais qu’il faut ramener les médailles d’or que j’ai déjà ramenées. Donc, on va se focaliser sur déjà ramener l’essentiel. Mais j’aimerais bien en ramener un peu plus. Donc, peut-être aller accumuler l’athlétisme. Je l’ai déjà fait. J’espère pouvoir le refaire. Et puis, le cyclisme va faire son entrée en 2027. Donc, j’espère pouvoir aussi ramener quelque chose en cyclisme. Ce serait cool de pouvoir allier tous les sports. Après, les sélections ne sont pas faites. Il va falloir travailler dur pour ça. J’espère que je vais pouvoir ramener le plus de médailles possible. Si ce n’est pas moi et que c’est un autre Tahitien, ce n’est pas très grave. Et c’est tant mieux. »



