Marama : la rue n’aura pas le dernier mot

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On l’appelle Angéline au travail, Marama ou Marams dans les rues de Papeete. Son histoire, vous la connaissez peut-être depuis le dernier Fifo, puisqu’un documentaire sur sa vie a été réalisé et a remporté le prix du public. L’histoire d’une sans-abri handicapée qui incarne la résilience et qui mobilise la solidarité de ceux qui le veulent, pour qu’elle puisse bientôt avoir une vie meilleure.

« La vie est difficile dans la rue. Je n’ai pas choisi cette vie mais je me suis adaptée petit à petit. Mais pour nous les gens de la rue, c’est comme si c’était normal. La dure réalité de la vie, c’est normal », confie Marama. Elle a connu les foyers, avant de se retrouver à la rue. Jeune femme en situation de handicap, elle choisit l’errance pour échapper à une famille en grande difficulté. Mais Marama, c’est surtout une histoire devenue message : celui que Mathilde Zampieri et Elia Merlot ont porté au dernier Festival du film documentaire océanien (Fifo). Un message d’espoir, avant tout.

 » Même quand je commençais à travailler ici à Format Pro, j’allais souvent par en bas. Je voyais mes amis me demander des pièces, je donnais. Je donnais mais tout en leur conseillant : ‘si je peux, tu peux aussi te lever. Moi j’ai mal au pied, alors que toi tu n’as pas mal au pied’. Je donnais toujours des exemples comme ça. ‘Ma sœur, le SEFI n’est pas loin, vas-y, vas t’inscrire.’ Tu vois, je voulais donner un bon mouvement, pour qu’ils veuillent s’en sortir.« 

Marama casse les idées reçues. Sans domicile, avec des troubles physiques et psychologiques, elle ne fuit pas le travail et ne se résume pas à ses malheurs. Le déclic, ce sont ses enfants. Avec eux, elle voit le temps passer. Pour eux, elle veut une vie meilleure.

Cette vie, elle l’entrevoit enfin : une proposition de logement d’ici mai, après des années à demander de l’aide. Un toit, et avec lui, des choses simples : une machine à laver, un frigo, un lit.

Un quotidien redevenu possible, soutenu aussi par une cagnotte lancée pour l’aider à repartir. « Réintégrer la société et voilà, redevenir une personne normale. Un vrai citoyen qui travaille, qui paie un loyer. Ça va m’aider beaucoup à reprendre ma vie en mains et à ce que je reprenne aussi ma vie de mère. Et si aujourd’hui je peux encore les soutenir et les pousser à qu’ils ne finissent pas comme moi et bien je veux ! Je veux et grâce à tout ça, je sais que je vais y arriver.« 

Marama a déjà franchi une étape essentielle en s’ouvrant à la caméra : prouver que la rue n’est pas une finalité. Elle a rendu l’invisible, visible.

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