Ils sont venus pour courir, mais surtout pour vivre une aventure collective. Le principe est simple : des équipes de quatre élèves, mêlant jeunes valides et camarades en situation de handicap.
Ensemble, ils doivent effectuer deux tours du Parc Vaira’i. Au fil du tracé, chaque équipe récupère un coéquipier. Les coureurs s’encouragent puis repartent, cette fois-ci unis jusqu’à l’arrivée. Objectif : montrer que chacun a sa place dans l’effort, quelles que soient ses capacités.
« C’est de l’émotion, ce sont des frissons. Le plus important, c’est que les gamins soient repartis avec la banane. Tous les éducateurs nous ont dit que c’était un super moment. Je souhaite qu’une chose, c’est que ça continue et même avec encore plus d’élèves pour montrer que l’on est tous capables de courir quelle que soit la nature du handicap. Du handicap visible ou invisible. Aujourd’hui, c’était vraiment un grand moment », se réjouit François Dherbecourt, le directeur de l’Union du Sport Scolaire Polynésien.
Sur le terrain les différences s’effacent. Certains adaptent leur allure, d’autres donnent la main et guident un camarade. La performance se mesure ici à la capacité à s’entraider.

« J’ai couru avec tous mes amis (…) C’était ‘mega’. On s’est bien amusés et on est arrivés deuxièmes. Ça fait aussi plaisir de courir avec eux car parfois, on ne peut pas être avec eux », sourit l’un des jeunes participants. « C’était cool. Je suis fier d’eux. J’aimerais recommencer », dit un autre.
Pour les éducateurs spécialisés, ce cross partagé va au-delà de la simple activité physique. C’est un moment de socialisation qui efface les différences.
« C’est un évènement fédérateur. Il favorise l’entraide et la solidarité. Je pense qu’ils ont pris beaucoup de plaisir. C’était l’objectif », explique Marion Faure, enseignante spécialisée et coordinatrice du dispositif Ulis à l’école Ahutoru. « J’espère que l’événement sera reconduit. Ce sont des moments de rencontre très importants pour nos élèves et valorisants », ajoute celle-ci.
Aujourd’hui, la plus belle victoire n’était pas d’aller plus vite, mais d’aller plus loin, ensemble.



