C’est l’aboutissement d’un dossier judiciaire particulièrement long. En 2025, la cour d’appel de Papeete a rendu une décision définitive confirmant les droits de propriété de l’association Comité de sauvegarde des biens de l’ex Consulat de la République de Chine, sur le terrain de Fariipiti à Papeete, mettant ainsi fin à plus de vingt ans de contentieux.
L’origine du litige remonte au début des années 2000. L’association Comité découvre alors que la parcelle, acquise historiquement grâce aux contributions de la communauté chinoise locale pour accueillir notamment des services consulaires et des activités communautaires, est occupée par un particulier qui y a installé plusieurs activités commerciales. Une ordonnance d’expulsion est obtenue dès 2004, mais différentes procédures et revendications concurrentes de propriété vont prolonger le contentieux pendant de nombreuses années.
« On a obtenu une ordonnance d’expulsion en 2004, mais la République populaire de Chine a revendiqué la propriété de la terre, ce qui a prolongé la procédure », rappelle l’avocat de l’association, Me Jean-Dominique Des Arcis, avant qu’une nouvelle décision de la cour d’appel de Papeete, en 2025, ne vienne clore juridiquement l’affaire.
Entre-temps, l’occupant, présent sur le site depuis le début 2002, est resté sur les lieux pendant de nombreuses années, retardant l’exécution des décisions judiciaires. Cette occupation prolongée a engendré un préjudice financier important pour l’association, estimé entre 300 et 400 millions de Fcfp, correspondant notamment à des loyers non perçus et à l’impossibilité de valoriser la parcelle durant toute cette période.

Pour l’association, l’enjeu dépasse largement la seule question foncière. « On ne va pas dire que c’est une fin, on va dire que c’est un commencement », souligne sa présidente, Sandrine Pinson, évoquant « un hommage » rendu aux générations de la communauté chinoise polynésienne qui avaient contribué financièrement à l’achat de cette terre à une époque où les immigrés chinois ne pouvaient pas toujours être propriétaires en leur nom.
Le projet envisagé aujourd’hui s’inscrit dans cette continuité historique. « L’objectif est d’en faire un terrain pour accueillir un centre culturel, un refuge pour les anciens comme pour les jeunes », explique la présidente de l’association Comité de sauvegarde des biens de l’ex Consulat de la République de Chine, qui espère voir les premières étapes concrètes du projet débuter d’ici 2027.
Au total, près de 4 000 m² doivent être progressivement récupérés afin de permettre l’aménagement du site. Après plus de vingt ans de procédures, cette décision marque une étape importante pour la communauté chinoise du fenua, désormais tournée vers la valorisation de cet héritage collectif et la concrétisation d’un projet longtemps resté en suspens.



