TNTV : Vous intégrez le gouvernement à deux ans de la fin de la mandature, après l’éviction de Ronny Teriipaia et sur fond de tension sur l’avancement de plusieurs dossiers. Est-ce que votre priorité est de finaliser les chantiers engagés ou d’impulser de nouveaux projets ?
Samantha Bonet-Tirao : « Évidemment qu’il faut poursuivre les chantiers prioritaires. Parmi ces chantiers, nous avons par exemple les calendriers scolaires. Pour ces calendriers scolaires, en fait, nous avons retenu des propositions qui seront soumises selon le parcours réglementaire qui doit être mis en œuvre dès demain. Et ce que je vise, c’est que les calendriers soient disponibles pour le 30 mars au plus tard ».
TNTV : Pourquoi ces calendriers ont-ils tardé à être publiés cette année ?
Samantha Bonet-Tirao : « Il y a une intention derrière, au fait qui est de modifier le calendrier scolaire pour permettre à nos élèves d’avoir des périodes scolaires plus longues en période fraîche. Les études ont été menées, ça a pris un peu de temps, maintenant on avance et je vise le 30 mars ».
TNTV : Hormis les calendriers scolaires, y a-t-il d’autres dossiers urgents sur lesquels vous voulez des résultats rapides ?
Samantha Bonet-Tirao : « J’en ai parlé lors de ma conférence de presse, j’ai notamment évoqué le transport scolaire de Moorea puisque les familles attendent d’avoir des réponses claires. Les travaux qui ont été lancés sont terminés. Je suis dans l’attente de quelques derniers éléments pour pouvoir arbitrer et proposer une solution durable. Je ne souhaite pas que les transports scolaires soient juste mis en place de manière provisoire pour une semaine. Je vise la durabilité et la régularité et donc je prendrai les décisions dès cette semaine pour que nos élèves puissent avoir un transport scolaire qui soit digne de ce nom ».
TNTV : Où sont les services aujourd’hui ?
Samantha Bonet-Tirao : « Le chantier qui a été lancé pour pouvoir offrir à nos élèves un transport scolaire certain est fini. Il me reste quelques dernières confirmations parce que je voudrais prendre une décision sûre et durable ».
TNTV : Qui porte le dossier ? Le Pays, la DGEE ?
Samantha Bonet-Tirao : « La DGEE a travaillé sur ce projet, donc c’est la DGEE qui, à mes côtés, va poursuivre ce travail avec moi ».
TNTV : Vous-avez également la charge de la culture. Cette transmission culturelle était à l’honneur cette semaine à Papara. Vendredi, les collégiens ont célébré le uru, symbole fort de l’identité polynésienne, à l’occasion du Matari’i i ni’a. La culture trouve toute sa place au sein des écoles aujourd’hui. Est-ce une priorité pour vous ?
Samantha Bonet-Tirao : « C’est une priorité parce qu’on ne peut pas envisager l’éducation d’un côté, l’enseignement supérieur d’un autre, et puis la culture d’un autre. C’est un même parcours de vie, et puis l’éducation est vectrice de culture, donc ça ne peut être qu’un chantier commun ».
TNTV : Vous mettez l’accent sur la valorisation des langues et cultures polynésiennes. Comment comptez-vous mettre ça en place au sein des institutions ?
Samantha Bonet-Tirao : « Alors il y a bien sûr tout le travail qui est mené dans le cadre scolaire, par nos enseignants et dans nos écoles, nos collèges et nos lycées. Il y a un gros chantier à mener en lien avec la politique linguistique familiale, parce qu’en fait il faut redonner envie à nos familles de se réapproprier la langue et de la parler tous les jours. Et pour cela, il faut être en mesure de proposer des dispositifs qui vont justement permettre aux familles de se saisir de ces contenus pour qu’ils puissent être en mesure de le parler tous les jours. Je parle par exemple concrètement des petits spots publicitaires qui soient bilingues, des documentaires qui existent déjà et pourquoi pas les sous-titrer, pour qu’il y ait en fait un va-et-vient entre ces langues à l’école mais aussi dans nos familles. Et bien sûr un travail sur l’environnement qui entoure les familles et l’école ».
TNTV : S’oriente-t-on vers plus d’heures obligatoires de l’apprentissage du Reo Tahiti dans les écoles ou est-ce que ça restera une option ?
Samantha Bonet-Tirao : « Il y a déjà des créneaux horaires qui sont fixés. Pour le moment il faut rester sur ces créneaux horaires et avancer prudemment, puisque l’une des priorités est aussi la formation des enseignants. Si on veut faire de nos élèves de bons plurilingues, alors il faut accompagner cette formation des enseignants, pas qu’en langue tahitienne mais aussi dans toutes les langues polynésiennes. Et c’est en ce sens, aussi, que je veux développer les actions culturelles avec l’éducation mais aussi avec les services de la culture ».
TNTV : Toujours au sujet de la culture, plusieurs projets d’infrastructure reviennent régulièrement, les médiathèques, la nouvelle salle de Te Fare Tauhiti Nui. Où en sont ces dossiers aujourd’hui ?
Samantha Bonet-Tirao : « Je sais que les équipes y ont travaillé. Je vais les rencontrer cette semaine pour faire un point et voir comment est-ce qu’on peut établir un calendrier qui soit durable pour qu’on puisse aboutir sur ces projets. »
TNTV : Y a-t-il un calendrier clair aujourd’hui ?
Samantha Bonet-Tirao : « Je le saurai cette semaine. Je sais que des choses ont été planifiées, je n’ai pas de visibilité sur l’ensemble du calendrier mais ça fait partie de mes rencontres prioritaires pour la semaine à venir ».
TNTV : Comment garantirez-vous que cette politique culturelle bénéficie aussi aux archipels beaucoup plus éloignés qui n’ont pas forcément les mêmes moyens que Tahiti ?
Samantha Bonet-Tirao : « Ça c’est un grand défi. Il y a des dispositifs qui existent déjà et qui à mon sens doivent être investis pour développer la culture, en tout cas pour permettre l’accès à un plus grand nombre à la culture. Il y a notamment les associations qui sont des relais incontournables sur le terrain. Il y a aussi, il ne faut pas oublier, nos chercheurs, nos scientifiques qui se déplacent pour les aires marines éducatives ou pour d’autres projets qui peuvent eux aussi impulser une autre manière de voir la culture parce que la culture ce n’est pas que les traditions, c’est aussi les savoirs autochtones, les savoirs traditionnels qui nous ont été transmis comme la pêche, le sport et dans nos familles, dans nos archipels, nous regorgeons de des personnes ressources incontournables qui peuvent nous aider sur ce volet. Donc on va partir sur ce maillage du territoire pour que la culture soit accessible à un plus grand nombre ».
TNTV : Vous avez également évoqué l’importance d’accompagner les étudiants polynésiens formés à l’étranger pour qu’ils reviennent ici sur le territoire. Comment comptez-vous vous y prendre ?
Samantha Bonet-Tirao : « D’abord, il y a évidemment des échanges qui doivent être faits avec l’Université puisque nous avons l’Université aussi ici mais aussi avec des partenaires au fait comme le vice-rectorat, l’enseignement supérieur qui peuvent au fait nous donner des pistes de réflexion pour que nos jeunes puissent se former ici aussi d’abord et ailleurs et pour qu’ils puissent revenir. Donc ce sont des groupes de travail en interministérialité notamment, parce que former les jeunes qui soient capables de bâtir et qui vont être utiles au pays demain, c’est aussi travailler avec le ministère du travail et les autres ministères qui vont pouvoir ouvrir des pistes d’exploration pour former les jeunes de demain ».



