Quotas d’importation de fruits et légumes : imbroglio entre agriculteurs et gouvernement

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Face à une « catastrophe » annoncée, le syndicat des agriculteurs de Polynésie alerte sur la fragilisation du secteur primaire au fenua. Les exploitants dénoncent l'impact potentiel de la loi sur les pesticides et s'inquiètent d'une « libération totale » supposée imminente des quotas d'importation. De son côté, le gouvernement dément toute mesure de ce type et assure vouloir soutenir durablement la production locale.

Le climat social s’alourdit dans les champs du fenua. En moins d’une semaine, le syndicat des agriculteurs polynésiens a multiplié les interventions pour dénoncer une fragilisation sans précédent du secteur primaire. Entre une loi sur les pesticides jugée discriminatoire et la peur d’une ouverture des vannes aux produits étrangers, les professionnels craignent le pire.

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Pour Kalani Teixeira, vice-président par intérim du syndicat, l’alerte est maximale concernant les barrières à l’importation. « On s’est rendu compte qu’il y a une libération totale des importations de fruits et légumes qui va se faire incessamment sous peu », affirmait-il avec inquiétude, au cours d’une conférence de presse organisée ce mardi.

 

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Ce qu’il considère comme un contresens politique : « Ce qui m’étonne c’est qu’on ne nous a pas convoqués, on ne nous a pas consultés. Il y a un paradoxe, parce qu’on prend aujourd’hui la souveraineté alimentaire d’un côté et de l’autre côté on va libérer la libération totale des imports » .

Au-delà des décisions locales, le syndicat s’alarme des répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Selon les professionnels, l’explosion des coûts de production rend la compétition avec l’importation impossible. « Elle a eu une répercussion immédiate sur la flambée du prix du baril du pétrole. En moins de deux semaines, il a doublé, observe Kalani Teixeira, avant de poursuivre : Le pétrole, c’est la base même de l’engrais. J’ai vu que les prix du conteneur, les intrants qu’on utilise, les pesticides, tout ce qui est les graines, ça va augmenter. J’ai bien peur que les agriculteurs ne puissent pas suivre » .

Le Pays dément toute fin des quotas

Face à cette levée de boucliers, le gouvernement a publié une mise au point en fin de journée. Le ministère de l’Agriculture l’assure : il n’y a pas de texte législatif en cours sur la fin des quotas.

« En réponse aux préoccupations exprimées ces derniers jours au sein du monde agricole, le ministère (…) tient à préciser qu’aucun texte relatif à la mise en place de nouveaux quotas d’importation de fruits et légumes n’a été pris en Conseil des ministres », précise le communiqué officiel.

« Dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes, le gouvernement de la Polynésie française réaffirme au contraire sa volonté de renforcer la production locale et de développer la souveraineté alimentaire du territoire » , ajoute le Pays.

Le ministère réaffirme sa volonté de « renforcer la production locale et de développer la souveraineté alimentaire du territoire » et cherche à « assurer les producteurs, les professionnels du secteur ainsi que l’ensemble de la population que les politiques publiques conduites par le Pays visent à soutenir durablement l’agriculture locale et à sécuriser l’approvisionnement alimentaire de la Polynésie française ».

Le gouvernement promet enfin que « toute évolution éventuelle du cadre réglementaire serait, le cas échéant, conduite dans un esprit de concertation avec les acteurs concernés et dans la plus grande transparence ».

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