Le BTP se tend à l’approche des Jeux du Pacifique 2027. L’approvisionnement en agrégats — ces précieux graviers et sables indispensables aux routes, aux logements et aux infrastructures des Jeux — grippé, l’inquiétude des professionnels du secteur a été au cœur de la séance de questions au gouvernement, ce mercredi, en ouverture de la 6è séance de la session administrative. En cause : des délais administratifs jugés interminables pour l’ouverture de nouveaux sites d’extraction, alors que les volumes produits par Tahiti Agrégats peinent à satisfaire la demande.
« Il est vrai que le seul fournisseur du Pays qui dispose d’une autorisation pour extraire les agrégats ne parvient plus à satisfaire les demandes de nos entreprises. De plus, un autre fournisseur a déposé son dossier de demande de carrière et attend toujours une réponse du service du Pays », alerte la représentante Tapura Teura Iriti. « Les communes voient leurs chantiers au ralenti voire même arrêtés, et pour d’autres un démarrage des travaux incertain. Ces difficultés d’approvisionnement entraîneraient bien sûr des conséquences inquiétantes et entre autres financières » , poursuit-elle.
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Ouverture de deux carrières privées en attente
Concernant les projets de carrières terrestres privées pour diversifier l’offre, les arrêtés d’autorisation concernant deux des trois dossiers en cours d’instruction, totalisant 3,5 millions de mètres cubes de matériaux — soit trois ans de consommation du territoire —, doivent être finalisés « avant la fin du mois » , indique le ministère des Grands travaux.
Pour le cas des demandes d’extraction de 3 296 de mètre cubes dans la rivière Vaitoru, à Papenoo, le ministère a annoncé une issue positive, expliquant que le retard était lié à des corrections techniques du bureau d’études et à la réception des avis obligatoires des directions sectorielles, finalisée en mai 2026. « Les 16 arrêtés d’autorisation concernés ont été signés le 4 juin 2026 par le ministre des Grands Travaux, de l’équipement, en charge des transports terrestres et maritimes et de la décentralisation, soit moins d’un mois après la complétude du dossier » , résume le ministère.
Pour autant, le gouvernement n’envisage pas de recourir plus largement à l’extraction dans le lit des rivières. Interpellé sur l’application de la nouvelle loi du pays du 12 décembre 2025 modifiant le code des mines, le ministère des Grands travaux a rappelé la priorité écologique du Pays. « Le gouvernement assume le choix de ne pas sacrifier nos rivières pour pallier la pénurie d’agrégats, afin de garantir une gestion durable des ressources naturelles et de préserver l’équilibre des bassins versants pour les générations à venir. Désormais, seuls les matériaux dont l’origine peut clairement être identifiée et tracée sont utilisés sur les chantiers du Pays. Cette exigence garantit qu’il ne provienne pas d’extractions illégales réalisées dans les rivières qui ont trop longtemps été considérées comme des gisements inépuisables de matériaux »
Le gouvernement précise d’ailleurs que la réforme du code des mines vise à ce que les volumes extraits soient strictement « justifiés en prenant compte la protection des personnes et des biens (…) et non plus motivées par une simple demande d’approvisionnement en agrégat destinée à la revente ».
Enfin, le ministère indique que l’intégration de clauses de réemploi des matériaux dans les marchés publics, notamment pour le revêtement des routes territoriales, devrait permettre de soulager la pression sur les ressources naturelles du fenua.



