Pêche : hauturiers et côtiers toujours divisés sur le zonage

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Réunis ce matin pour tenter d’apaiser les tensions, pêcheurs hauturiers et côtiers restent divisés sur la question du zonage autour des îles de la Société. Au cœur du désaccord : une pétition demandant de réduire la limite de pêche de 30 à 15 milles nautiques, vivement contestée par les professionnels du littoral.

Le dialogue reste fragile entre les différents acteurs de la filière pêche. Ce mercredi, une réunion de crise s’est tenue entre représentants des pêcheurs hauturiers et côtiers, dans un contexte de tensions autour du zonage maritime. En cause : une pétition déposée début mars par des capitaines et armateurs, demandant de ramener la limite de pêche de 30 à 15 milles nautiques autour des îles de la Société. Une revendication directement liée aux nouvelles règles mises en place après les annonces de l’UNOC en juin dernier, mais qui passe mal auprès des pêcheurs côtiers.

« Revenir dans les 15 nautiques sur les accords qu’on a signés, c’est pas possible. Moi, si c’est comme ça, on va mobiliser aussi la pêche côtière et sur les Marquises aussi. Mais on va voir, suivant nos discussions de ce matin. Apparemment, ils auraient dit qu’il ne fallait pas tenir compte de la pétition. C’était juste un moyen d’attirer l’attention du gouvernement sur les problèmes qu’on rencontre » explique Ralph Van Cam, le président du syndicat des pêcheurs côtiers

Pour ces derniers, toute remise en cause des accords actuels constitue une ligne rouge. Ils demandent notamment des engagements concrets, à commencer par le retrait de la pétition. « S’ils maintiennent leur position, ils insistent à rentrer dans les 15 nautiques. Nous, on va revenir à nos discussions qu’on a eues avec les armateurs au début, c’est-à-dire 60 nautiques sur la Société. Après, les Marquises, on verra ce que les Hakaiki vont décider de la population des Marquises. Je leur ai dit qu’il ne faut pas trop jouer avec le feu, ils risquent de se brûler ».

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Malgré plus d’une heure d’échanges, aucune avancée significative n’a été actée. Si les discussions se sont déroulées dans un climat apaisé en apparence, les positions restent figées. « On ne peut pas dire aujourd’hui qu’on va pousser le miles. Je ne peux pas dire ça, mais il faut attendre. (…) Ce n’est pas un petit bateau qui va dire à un grand bateau de rester à cet endroit. Il faut attendre la décision du ministère, c’est tout. Moi, je ne peux pas parler pour Ralph, je parle pour les hauturiers, c’est tout » a indiqué Richard Pere, président du syndicat des pêcheurs professionnels de haute mer.

Faute de compromis, le dossier devrait désormais être tranché par le ministre en charge de la pêche, à l’occasion de prochaines réunions de conciliation. D’ici là, le bras de fer entre les deux camps reste entier.

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