À seulement 27 ans, Manutahi est aujourd’hui chef de pièce missile moyenne portée au sein du RPIMA de Saint-Pierre, à La Réunion. Une arme destinée à équiper les unités de combat au contact et les forces spéciales débarquées, pour les doter d’une capacité de neutralisation de combattants et de cibles blindées, jusqu’à 2 500 mètres.
Une spécialité rare sur cette base du sud de l’île, qui témoigne de son expertise. « Notre mission est plus en appui de la compagnie. On est en mesure de détruire tout ce qui est véhicules, blindés, lourds. En gros, c’est un missile qui part une fois que la cible a été bloquée. On peut se désengager. Le missile en lui-même a son propre système. À partir du moment où on a fixé un objectif, il part et il détruit l’objectif », détaille-t-il.
Un rôle technique et stratégique, qu’il n’avait pas imaginé occuper en grandissant à Papeete. À 17 ans, confronté à des difficultés financières et à la perte d’une figure paternelle, le jeune homme fait le choix de s’engager dans l’armée.

« J’ai grandi dans un quartier de Papeete. Les opportunités, c’était difficile à saisir lorsqu’on vient d’un quartier (…). L’armée, pour moi, ça a été un tremplin. Découvrir autre chose, trouver l’esprit d’équipe, avoir un avenir solide », confie-t-il.
Dix ans plus tard, le militaire ne cache pas sa fierté. Son parcours, il le voit aussi comme un exemple pour d’autres jeunes Polynésiens en quête de repères.
« Je suis fier de mon parcours. Ça peut aider beaucoup de gens dans beaucoup de situations. Moi ça m’a aidé (…) . N’hésite pas à l’armée aller là. Elle peut t’offrir plein de choses, beaucoup de choses qu’on ne connaît pas », insiste-t-il.

En 2023, ils étaient 360 Polynésiens à être recrutés par l’armée de terre.



