L’État doit être « au rendez-vous » en temps de crise, rappelle la direction générale des Outre-mer

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Au terme de sa visite officielle en Polynésie française, Anne-Gaëlle Baudouin, directrice générale des Outre-mer, dresse le bilan des engagements de l'État. Entre le renforcement de la formation maritime, le soutien stratégique à la filière pêche et la recherche de solutions innovantes face à la crise du logement, elle réaffirme la volonté d'accompagner durablement le territoire dans la gestion de son espace maritime.

TNTV : Votre déplacement met l’accent sur les enjeux maritimes dans une zone de plus de 12 millions de kilomètres carrés. Quelles sont aujourd’hui les priorités opérationnelles de l’État en mer en Polynésie française ?
Anne-Gaëlle Baudouin, directrice générale des Outre-mer : « C’est un déplacement qui est effectivement sous le signe de la mer, mais au-delà (…) pour toutes les politiques qui viennent en soutien et en accompagnement des territoires d’Outre-mer, quels que soient leurs domaines, parfois de façon directe, parfois en lien avec les différents ministères de l’État qui sont concernés (…). L’année dernière, c’était l’année de la mer. La Polynésie a été en particulier mobilisée aux côtés de l’État, dans le cadre de l’UNOC. Donc l’objectif du déplacement de cette semaine, c’était, quelques mois après, de s’assurer que l’ensemble des moyens de l’État, de l’ensemble des partenaires, étaient mobilisés de façon cohérente autour des différents objectifs inscrits dans la suite du congrès de l’UNOC. »

TNTV : Comment l’État entend-il soutenir la recherche scientifique et la protection des écosystèmes marins ?
Anne-Gaëlle Baudouin : « Le Haut-Commissaire a signé avec le Président de la Polynésie un accord cadre qui acte un certain nombre d’ambitions, encore une fois dans le droit fil des objectifs qui ont été fixés à Nice, autour du partage de la connaissance scientifique, de la mobilisation des outils de recherche qui sont nombreux et actifs en Polynésie, mais aussi sur d’autres sujets, la formation des professionnels. J’ai eu la chance de découvrir au lycée agricole à Moorea, les équipes qui sont en train de préparer la rentrée au mois d’août, qui proposeront une nouvelle formation, un bac professionnel orienté vers la mer. Je sais que c’est quelque chose qui a été attendu depuis longtemps et qui va se concrétiser dans les prochaines semaines. »

TNTV : En quoi cette formation constitue-t-elle un levier structurant pour l’économie bleue ?
Anne-Gaëlle Baudouin : « Tous les professionnels, notamment ceux réunis dans le cadre du cluster maritime, nous ont dit (…) que la pêche en particulier connaît un grand développement, mais aussi d’autres secteurs, tous en lien avec l’économie bleue. On a des enjeux de renouvellement de la population, des professionnels, et donc la formation dans tous ces domaines, formation initiale, formation continue, doivent être au rendez-vous pour assurer le renouvellement de ces générations et recruter. Cette nouvelle formation de bac professionnel correspond à cet enjeu et je crois qu’elle s’inscrit dans les priorités du territoire. »

TNTV : Quel rôle joue aujourd’hui la défiscalisation dans le développement ?
Anne-Gaëlle Baudouin : « La défiscalisation est un outil, un levier pour accompagner les stratégies économiques, pour accompagner les acteurs économiques qui connaissent dans l’ensemble des territoires ultramarins et en particulier en Polynésie un certain nombre de difficultés structurelles. C’est vrai que c’est plus compliqué. On a eu l’occasion de le vérifier à plusieurs reprises. Quand on est dans un territoire éloigné, dans le contexte évidemment de la crise actuelle, crise des carburants, augmentation des tarifs, c’est particulièrement important que l’État soit au rendez-vous de la prise en compte de ces contraintes et de ces difficultés particulières. On a eu l’occasion de visiter une goélette qui a été soutenue de façon importante, à près de 40% par l’État. C’était pour moi la première fois que je venais en Polynésie et c’est très marquant de constater de façon pratique et réelle ce besoin de continuité, d’acheminement des moyens d’approvisionnement de l’ensemble du territoire. »

TNTV : Comment l’État entend-il répondre à la pression croissante sur le logement ?
Anne-Gaëlle Baudouin : « Le logement, c’est une priorité, une préoccupation, une attente très forte. L’ensemble des interlocuteurs que j’ai rencontrés me l’ont dit, en particulier pour les étudiants, mais aussi pour les familles, et en particulier dans un contexte où le manque de foncier disponible est extrêmement présent. Nous avons eu l’occasion avec le Haut-commissaire de visiter une opération qui a été réalisée qui permet de proposer des logements en utilisant des moyens financiers nouveaux et en s’appuyant sur la réhabilitation, la rénovation de logements existants, ce qui permet, par rapport à cette difficulté à avoir du foncier disponible, de trouver des solutions très concrètes. »

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