Y a-t-il encore de la place pour de nouveaux taxis ? On compte actuellement 141 licences à Tahiti et 42 à Moorea. Selon le syndicat des chauffeurs de taxi de Papeete, le marché arrive à saturation. L’activité dépend essentiellement de la fréquentation touristique.
Au-delà de l’aspect économique, le syndicat pointe des irrégularités dans la procédure d’attribution d’une soixantaine de nouvelles licences. Sept arrêtés du Pays sont contestés. Le syndicat demande leur annulation. « Ces recours traduisent effectivement une inquiétude, puisqu’il y a un équilibre économique à trouver, dont des contraintes liées aux stationnements, aux autorisations, et la saturation de la profession n’est pas une solution, déclare Me Arcus Usang, avocat du syndicat des chauffeurs de taxis de Papeete. Si nous n’avons pas de touristes en contrepartie, saturer une profession n’est pas un objectif de politique économique viable. »
Selon l’avocat du syndicat, plusieurs dossiers auraient été validés sans que les autorisations de stationnement exigées par la loi du Pays de 2018 ne soient obtenues, au port, à l’aéroport ou en centre-ville de Papeete.
Or, ces emplacements sont indispensables pour exercer l’activité. Sans nouvelles places dédiées, les nouveaux titulaires seront contraints d’utiliser les stations déjà occupées par les taxis en activité. « Au dossier, nous n’avons aucune autorisation et la commission ad hoc qui s’est réunie, on a l’impression, je n’ai pas encore le détail des documents de cette commission, que tout ça a été survolé, estime l’avocat. On a l’impression que c’est une précipitation procédurale qui a été faite pour délivrer beaucoup de licences, mais en contrepartie, on n’a pas prévu les exploitations, en tout cas l’optimisation de l’exploitation des taxis.«
Au volant de leur véhicule, les chauffeurs de taxi restent discrets sur leurs préoccupations. Le syndicat des chauffeurs de Papeete plaide pour un plafonnement du nombre de licences et une meilleure régulation du transport touristique.



