Plus question de tergiverser du côté des syndicats de l’éducation. La conférence de presse organisée ce matin par les délégués syndicaux quelques heures avant l’allocution État-Pays, avait justement vocation à faire passer le message. Car si en début de semaine, on cherchait encore à éviter un confinement et une fermeture générale des écoles, le discours aujourd’hui n’est plus du tout le même. « Nous étions convaincus que toutes les mesures étaient prises pour assurer la sécurité sanitaire de nos enfants dans les écoles » justifie le président de la fédération des associations des parents d’élèves de l’enseignement publique, Tepuanui Snow. Les échos anxiogènes de soignants débordés de patients dans les structures hospitalières a bien fini par convaincre. « Il faut prendre des mesures à la hauteur de la situation » reconnaît le secrétaire général du Snetaa-FO, Maheanuu Routhier.
Moorea, Hao, Maupiti, Taha’a, Makemo : en parallèle, l’accélération des contaminations n’épargne plus personne, alors que les établissements scolaires annoncent à tour de rôle des fermetures. Pour préserver ce qu’il reste des effectifs, les syndicats de l’éducation ne voient plus d’autres solutions que de suspendre la rentrée. « Nous demandons humblement au haut-commissaire et au président du Pays de réfléchir à la fermeture entière des écoles » reprend Tepuanui Snow. Et par soucis de cohérence, cette mesure devra forcément s’accompagner d’un « vrai » confinement ajoute le syndicat. « Le confinement le samedi et le dimanche ne va pas changer grand-chose, ça veut dire que dans la semaine tout le monde va continuer à se balader, que le virus va continuer de se transmettre et qu’il va arrêter le week-end ? » interpelle le responsable. « Il faut être sérieux, si on doit faire un confinement, il doit se faire pendant une durée suffisamment longue pour rompre la chaîne de transmission ».
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Les syndicats pointent au passage la position de la Polynésie aujourd’hui au premier rang des territoires ultra-marins les plus contaminés, avec un taux d’incidence de 2615/100 000 habitants. « Qu’est-ce qu’on attend ? La Martinique est confinée ! »
C’est donc un confinement strict d’au moins deux semaines, que le syndicat réclame. « Nos enfants n’ont pas tous une play-station et une piscine chez eux, beaucoup vont préférer fuir leur réalité et trainer dans le quartier, ce qui ne va pas arrêter le virus » rappelle Tepuanui Snow.



