Le sort du Terevau renvoyé au 13 avril

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Le tribunal mixte de commerce de Papeete devait se prononcer ce lundi sur l’avenir du Terevau, placé en redressement judiciaire depuis décembre. Faute de confirmation de financement par les banques, l’affaire a finalement été renvoyée au 13 avril. Deux projets de reprise sont en concurrence.

L’avenir du Terevau reste incertain. Réuni ce lundi, le tribunal mixte de commerce de Papeete n’a pas tranché sur le sort de la société SNVG 2 Moorea, exploitant la navette maritime reliant Tahiti et Moorea. L’affaire a finalement été reportée au 13 avril. En cause : l’absence de confirmation de financement de la part des organismes prêteurs, aussi bien pour le projet porté par la société actuelle que pour celui déposé par l’ancien capitaine du navire et actionnaire minoritaire, Tino Fa Shin Chong.

Pour rappel, en décembre 2025, la compagnie avait été placée en redressement judiciaire après de lourdes difficultés financières, attribuées notamment à des « choix stratégiques inadaptés ». Depuis elle tente de trouver une solution pour poursuivre son activité.

 

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Ces derniers mois, le navire a connu plusieurs interruptions d’activité. Immobilisé pendant une longue période, le Terevau avait brièvement repris ses rotations entre Tahiti et Moorea pendant quelques jours avant d’être de nouveau arrêté pour des raisons de sécurité.

La situation avait suscité une vague de solidarité. Une cagnotte avait été lancée pour soutenir les salariés du Terevau, permettant de récolter pour l’instant environ 118 000 Fcfp.

Frédéric Faura, gérant de la société SNVG 2 Moorea. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Sur la page Facebook du Terevau, Frédéric Faura, le gérant de la société s’est régulièrement exprimé ces dernières semaines pour tenir les passagers informés et défendre l’avenir de la compagnie. Dans un message publié aujourd’hui, il explique que « chaque jour était consacré à chercher des solutions pour que le Terevau puisse continuer à exister ».

Deux visions pour relancer l’activité

La société SNVG 2 Moorea a sollicité un prêt bancaire de 200 millions de Fcfp auprès de la Socredo afin de relancer l’activité. L’objectif : maintenir l’ensemble des emplois et rembourser les créanciers.

« En relançant l’activité, nous gardons nos salariés et cela nous permettra de payer tous nos créanciers. Contrairement à l’autre partie, qui ne veut reprendre que le bateau et sa licence, licencier une partie du personnel et ne pas payer les créanciers. Nous, nous ne sommes pas de cette optique. Nous devons de l’argent à tous nos créanciers et nous allons les payer. Et nous allons garder tous nos salariés », explique le gérant actuel, qui se veut confiant.

Pour reprendre la navigation, des travaux techniques restent toutefois nécessaires : « Il faut que le bateau subisse plusieurs controles, et il faut que les moteurs soient changés. Les moteurs sont actuellement en zone sous-douane. (…) Nous allons solliciter auprès d’un autre organisme le paiement de ces moteurs sous forme de ces leasing ». Des moteurs envoyés de République Tchèque en novembre dernier et dont le montant facturé à la compagnie est de 140 millions Fcfp.

Le gérant assure par ailleurs que les salariés ont bien été rémunérés, au moins partiellement : « Les salariés ont été payés en partie. Il est faux de dire qu’ils n’ont pas été payés. Dès que la société récupérait de l’argent, notre priorité était de payer les salariés », affirme-t-il.

Tino Fa Shin Chong, l’un des actionnaires du Terevau (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Face à ce projet, Tino Fa Shin Chong, ancien capitaine du navire et toujours actionnaire du Terevau, a lui aussi déposé un plan de reprise auprès du tribunal : « Je sais parfaitement comment cette société fonctionne, et c’est pour cela que j’ai déposé un plan de reprise auprès du tribunal mixte de commerce. Je pense que c’est le seul projet qui tient debout, pour l’instant », estime-t-il.

Les salariés dans l’attente

Au total, 36 salariés sont aujourd’hui concernés par l’avenir de la compagnie. Plusieurs étaient présents au tribunal ce lundi pour soutenir la direction actuelle. « Nous sommes tous là pour soutenir notre nouveau gérant. Notre souhait, c’est de poursuivre l’activité. Nous sommes confiants et nous sommes persuadés que le tribunal prendra la bonne décision. Terevau, ce n’est pas seulement une entreprise, c’est une passion pour nous. Nous sommes dévoués et avons encore beaucoup à faire envers nos clients et la population de Moorea », confie Fiona, représentante du personnel.

Les salariés du Terevau, présents pour soutenir la compagnie maritime. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévison)

D’ici au 13 avril, les deux porteurs de projets doivent désormais convaincre les banques afin de sécuriser les financements nécessaires à la relance de la compagnie. Au tribunal ensuite de trancher.

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