Entre 2024 et 2025, la Polynésie a donc enregistré « une stagnation » de sa population avec 279 500 habitants au 31 décembre, selon le dernier « Bilan démographique« , de l’ISPF.
« Cette stabilité démographique s’inscrit dans une tendance de ralentissement observée depuis plusieurs années. La baisse de la natalité, le vieillissement de la population et le déficit migratoire persistant expliquent cette évolution », indique l’ISPF.
En 2025, le pays a enregistré 3170 naissances (- 3,1 % sur un an) ainsi que1 840 décès (- 0,3 % sur un an). « L’excédent naturel des naissances sur les décès de 1 330 personnes ne suffit plus à compenser le déficit migratoire, mettant fin à la croissance de la population », précise l’ISPF.
Pour ce qui est du « solde migratoire », qui « résulte des mouvements de population entre la Polynésie française et l’extérieur », « il est estimé en prolongeant les tendances observées entre les recensements de la population de 2017 et de 2022 ». « Sur cette période, il était déficitaire d’environ 1 350 individus par an », poursuit l’Institut.
Le nombre d’enfant par femme atteint, lui, 1,6, « niveau le plus faible jamais observé ». « La fécondité polynésienne est en recul depuis plusieurs décennies, avec une baisse particulièrement marquée entre la fin des années 1980 et la fin des années 1990. Cette tendance se poursuit depuis, mais à un rythme plus modéré », constate l’ISPF.
« Dans l’hypothèse d’un solde migratoire nul et d’une mortalité stable, un indice de 2,1 enfants par femme serait nécessaire pour assurer le renouvellement des générations et permettre de maintenir la population à un niveau constant. Le seuil de renouvellement des générations n’est plus assuré depuis 2011 ».
L’espérance de vie « continue de progresser »
Parallèlement, la population vieillit. « La population de 65 ans et plus croît rapidement, alors que la population de 15 à 64 ans stagne et celle de moins de 15 ans diminue (…) Depuis 2017, le nombre de personnes de moins de 65 ans baisse, elles étaient 254 400 fin 2017 et elles ne sont plus que 248 000 en 2025 ».
Des chiffres qui ont une incidence sur le marché du travail. « Le rapport de dépendance global mesure le nombre de personnes potentiellement à charge (les jeunes de moins de 15 ans et les personnes âgées de 65 ans et plus) pour 100 personnes en âge de travailler (15 à 64 ans).
Depuis les années 1980, le rapport de dépendance des jeunes diminue sous l’effet de la baisse du nombre d’enfants, tandis que celui des personnes âgées augmente avec le vieillissement de la population. Depuis 2012, la progression du nombre de seniors est plus forte que la diminution du nombre de jeunes, alors que les personnes en âge de travailler sont en légère baisse. Ces évolutions entraînent une hausse du rapport de dépendance global, qui s’accélère depuis 2018 », souligne l’ISPF.
Pour ce qui est de l’espérance de vie, elle « continue de progresser » pour atteindre 79,6 ans pour les femmes et 74,7 ans pour les hommes.
« En 2021, l’espérance de vie avait fortement diminué du fait de la pandémie et de l’augmentation de la mortalité (- 2,5 ans pour les femmes et – 3,0 ans pour les hommes). Depuis 2022, après avoir retrouvé des niveaux d’avant-pandémie, l’espérance de vie continue d’augmenter ».
Elle reste néanmoins inférieure à celle de l’Hexagone estimée à 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes.
Le bilan démographique complet de l’ISPF:



