Ils sont 17 stagiaires, tous acteurs de terrain, longtemps restés sans reconnaissance officielle. Ce jeudi, le lancement du Certificat professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (CPJEPS) marque un tournant pour ces agents de proximité engagés au quotidien dans les quartiers et les associations.
« On s’occupe des gens qui sont sur le terrain, dans les maisons de quartier, dans les associations… Ces petites fourmis qui œuvrent tous les jours auprès des publics, mais qui n’ont pas forcément de compétences et qui ne sont pas forcément reconnues. Ça va leur permettre professionnellement d’être sur une marche et de pouvoir prétendre à gravir d’autres échelons. Ils ont besoin d’avoir un plan de carrière, des perspectives, se consolider, avoir des compétences nouvelles, parce que le monde évolue et le public aussi » explique Marie-Hélène Tirao, coordonnatrice de la formation des CEMÉA (Centres d’Entrainement aux Méthodes d’Éducation Active).
Dispensée sur neuf mois en alternance, la formation vise à structurer les pratiques et à renforcer la dimension pédagogique de l’animation. Désormais, chaque activité s’inscrit dans un objectif éducatif précis. « On ne propose pas un football juste pour faire un football. Il y a du sens derrière, on veut développer des choses avec eux. On veut travailler les objectifs pédagogiques, pour pas que demain je fais parce qu’on m’a dit de faire. Non, je fais parce que j’ai été formée, on m’a entraînée à être un citoyen éclairé et à faire des choix, comme je peux en faire dans ma propre vie, à faire des choix quand j’encadre des enfants. L’idée, c’est vraiment de les rendre responsables, autonomes » indique Tehina Limousin, directrice Territoriale des CEMÉA.
Pour Ariimoana Topa et Julietta Tautu, ce diplôme représente une passerelle vers l’emploi durable. Douze stagiaires bénéficient d’ailleurs d’une prise en charge financière via le Service de l’emploi (SEFI= pour suivre cette formation.
« C’est une opportunité pour moi. L’animation, c’est quelque chose de naturel chez moi. Dans huit mois, je vais réussir mon CPGEPS. C’est une assurance ! Je vais rester avec la commune de Papeete » confie Julietta. « Ça fait depuis 2013 que je suis dans l’animation. Ce qui m’a motivé à suivre cette formation, c’est d’avoir un diplôme, parce que je n’en ai pas déjà. Si ça peut me permettre d’avoir un diplôme et ensuite travailler pour la jeunesse, c’est quand même une belle motivation. C’est une opportunité pour moi, c’est quelque chose qui va m’apporter beaucoup parce que l’animation, c’est une chose naturelle chez moi » ajoute Ariimoana.
La formation doit s’achever en novembre. Pour la suite, les CEMÉA envisagent déjà la suite du dispositif : ouvrir une nouvelle session ou relancer le niveau supérieur, le brevet professionnel, afin de structurer une véritable filière et offrir des perspectives d’évolution aux cadres de la jeunesse en Polynésie.



