Tahiti Nui Télévision : Pour la population, la grande inquiétude, c’est de ne pas te voir ou de te voir trop peu. Comment est-ce que tu comptes combiner l’équilibre entre les shootings, les rendez-vous avec la population et tes propres obligations familiales ?
Hinaupoko Devèze, Miss France 2026 : « Écoutez, je ne connais pas encore tout mon programme. Je me laisse porter. Je sais que malheureusement, j’ai mes responsabilités. Il y a des événements prévus pour que j’aille à la rencontre des Polynésiens, que je puisse les remercier et leur démontrer toute mon affection. Si je suis ici, c’est grâce à eux. Et après, j’ai aussi des actions humanitaires avec les associations. En tout cas, la société Miss France a essayé de faire au mieux avec le comité Miss Tahiti pour qu’il y ait un partage un peu équitable. Et après, j’ai le droit quand même à un jour de repos. Je ne serai pas qu’avec ma famille. Ce n’est pas, contrairement à ce que beaucoup pensent, qu’un retour aux sources où je suis en vacances. Quand on est Miss France, c’est un an. Ma famille est au courant. Je vais avoir un jour où je vais pouvoir me reposer avec eux. Et puis, bien sûr, je ne pourrai pas voir tout le monde. Parce qu’ici, on a de grandes familles polynésiennes. Mais je vais faire au mieux. »
TNTV : On se demande aussi si tu vas continuer sur d’autres élections, en particulier Miss Monde ou Miss Univers. Est-ce que c’est une envie que tu as ?
Hinaupoko Devèze : « Écoutez, tout dépend de la finalité de mon parcours Miss France. On me pose beaucoup la question de l’après. Mais moi, je suis plutôt dans le pendant. Je vis vraiment au jour le jour. Et c’est surtout que je sais que cette aventure va m’ouvrir énormément de portes. Donc, je vais voir en fonction si, par la suite, je suis prête à me lancer dans encore une autre élection à l’international. Pourquoi pas ? Je ne me ferme pas les portes. Comme je ne me ferme pas les portes pour reprendre mes études ou de me lancer dans d’autres projets. »
TNTV : À terme, dans 5 ans, tu te verrais plutôt dans quoi ? Dans la psychologie ou dans le manequinat ?
Hinaupoko Devèze : « Et pourquoi pas les deux ? Je ne sais pas. On verra bien. En tout cas, les deux m’intéressent. Autant j’ai une expérience dans le mannequinat, que j’ai pu avoir déjà auparavant, que j’ai pu avoir là, en tant que Miss France. Comme aussi, la cause humaine, c’est quelque chose qui me prend au cœur. C’est quelque chose qui, pour moi, fait partie de ma personne. Donc, je me dis qu’aujourd’hui, on peut tout faire. Une femme peut prendre sa place dans tous les domaines. Et pourquoi pas faire les deux, tout simplement ? »
TNTV : Un dernier mot sur ce que tu as ressenti lorsque tu as été accueilli par tant de Polynésiens hier soir ?
Hinaupoko Devèze : « Écoutez, je pense que le jour où j’ai été élue, je n’ai pas pu voir l’émotion dans le regard des Polynésiens parce qu’ils étaient à 16 000 kilomètres. Et en fait, c’était comme si j’avais gagné le jour de mon élection parce que pour la première fois, je revoyais le regard de toute la Polynésie française. Et j’ai été tellement touchée de voir toutes les troupes marquisiennes qui s’étaient mobilisées pour m’accueillir. La puissance aussi de notre culture était présente. Et les gens m’accueillaient avec tellement d’amour qu’honnêtement, je ne pourrais jamais décrire l’émotion que j’ai ressentie. Mais ça a été l’un des plus beaux moments de ma vie et l’un des plus beaux jours de ma vie. »
TNTV : Est-ce que Miss France est comme on l’imagine ? Est-ce que, comme tu l’imaginais en tout cas, ce titre au bout de deux mois, est-ce que la rythmique, les lieux, les gens que tu rencontres, est-ce que c’est à l’image de ce que tu imaginais avant l’élection ?
Hinaupoko Devèze : (…) « Au-delà de tout ce côté responsabilité, bien sûr, il y a un côté féérique. Tous les jours, je suis pomponnée, tous les matins, je me transforme en une nouvelle princesse presque. Je rencontre énormément de personnalités publiques, j’ai la chance justement d’être accueillie partout, avec amour, avec bienveillance, je partage mon parcours avec énormément de personnes, la visibilité qu’on prend et la personne qu’on peut devenir par la suite, les portes que ça ouvre. Évidemment, il y a le côté, la chance de pouvoir aller dans de beaux hôtels, d’aller à de beaux événements. J’ai pu aller aux Chroniques de Bridgerton, un événement de Netflix, chose que je n’aurais jamais pensée un jour dans ma vie, mais ça a pu se réaliser. Là aussi, je vais avoir plein d’événements magnifiques comme le Festival de Cannes, plein d’autres choses. Donc bien sûr, il y a tout ce côté beau, magique aussi qui fait partie de Miss France. »
TNTV : Comment tu te préserves au quotidien ? On sait que les événements sociaux, que même les rencontres, peuvent être parfois un peu oppressantes ? Comment tu fais pour préserver ta santé mentale quotidiennement, pour revenir et être toujours hyper fraîche, parce que les gens attendent quelqu’un d’hyper frais. Tu as des astuces ?
Hinaupoko Devèze : « Je n’ai pas forcément d’astuce. Je conscientise tout simplement que je suis humaine, que ça arrive d’avoir des moments de down. Et je le dis au effort, pour casser un peu cette image de parfait. Parce que justement, on en attend beaucoup. Mais aujourd’hui, je tiens à rappeler qu’avant d’être une Miss, je suis humaine, comme tout le monde. Et j’ai mis en avant justement mon hypersensibilité. J’ai parlé de cette cause honnêtement, en parlant de mon parcours, en le partageant. Et aujourd’hui, tout simplement, je suis bien entourée. Donc j’en parle. Je parle quand il y a des moments où je doute, quand il y a des moments où je suis très fatiguée. J’ai la chance d’être rassurée. Donc la société Miss France, que j’ai pu nominer tout à l’heure, il y a aussi mes grandes sœurs Miss France, qui, elles aussi, vont partager leur parcours. Elles m’ont toutes passé leur numéro, je suis souvent en échange avec elles. Elles me demandent tout le temps des nouvelles pour savoir si je vais bien, si en ce moment le rythme ça va. Et elles sont là pour me rassurer, pour m’apaiser quand il y en a besoin. Et bien sûr, je suis comme tout le monde. J’ai mes petits moments de down. Mais on fait avec. Et puis aussi, si besoin, il y a aussi un psychologue. Parce que je ne me ferme pas non plus les portes à avoir besoin de parler peut-être à quelqu’un d’extérieur. Justement, en dehors de tout ça, c’est un psychologue qui peut être mis en place. Il y a des aides. Mais pour le moment, je le vis plutôt bien. Et je me le souhaite aussi pour la suite. (…) En vrai, le secret de la santé mentale, c’est tout simplement se connaître. Ne pas attendre l’accumulation d’émotions. »



