Grève des contrôleurs aériens : le reclassement de l’aéroport de Tahiti-Faa’a en liste 5 à l’étude

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Alors que le conflit social à la tour de contrôle de l'aéroport de Tahiti-Faa'a s'enlise, le Syndicat National des Contrôleurs Aériens (SNCTA) planche sur la division du temps de formation des 12 contrôleurs aériens, et espère le reclassement de la plateforme en liste 5. Une réunion entre la DGAC et les organisations syndicales à ce sujet doit avoir lieu ce vendredi.

Malgré le vote interne favorable (60% des suffrages exprimés), la semaine passée, à une évolution de l’organisation du travail, les contrôleurs aériens de l’aéroport de Tahiti-Faa’a poursuivent leur grève. En cause : un déficit chronique d’effectifs qualifiés et un cadre réglementaire jugé inadapté à la réalité du trafic local.

Un contexte tendu que le SNCTA (Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien), entend apaiser en privilégieant une approche opérationnelle plutôt que strictement revendicative. Le syndicat, d’ailleurs, ne participe pas à la grève, menée par l’Usac-CGT depuis fin 2024.

Le premier levier identifié concerne le renfort des effectifs. Si 12 contrôleurs sont déjà présents sur le territoire, ils ne sont pas encore pleinement opérationnels. « Ces 12 contrôleurs qui sont aujourd’hui là, ils sont dans les « starting blocks » pour être formés et rendre un service public qui soit meilleur », explique Loïc Parisi (SNCTA).

Au cœur de la proposition du SNCTA : un nouveau cadre réglementaire, déjà soumis à la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), pour accélérer leur formation. « Ce qu’on espère globalement, c’est que sur six mois, tous aient deux fois plus dans leur formation que ce qui était prévu. La question, c’est combien de temps est-ce qu’on est capable de gagner. Le fait de mettre en place cette accélération, ça veut dire que le temps d’attente pour que le niveau de service public soit meilleur (…) va être divisé par deux » .

En réduisant le temps de formation restant, le syndicat espère une amélioration rapide de la fluidité du trafic.

Discussions ouvertes pour le reclassement de Tahiti Faa’a en Liste 5

Autre dossier, crucial pour le SNCTA – comme pour l’Usac-CGT – , le reclassement de l’aéroport : actuellement en « Liste 6 », Tahiti-Faa’a est sous-calibré, selon le syndicat. Le reclassement en Liste 5, refusé par la DGAC, est attendu comme le remède au surmenage des effectifs. Parmi les changements induits, une réorganisation des équipes pour assurer les rotations des agents et « respecter la butée de fatigue » , résume Loïc Paris . « Aujourd’hui, l’organisme de Tahiti est organisé en trois pôles de contrôleurs et le fait de passer dans une liste 5, ça permet normalement d’être organisé en six équipes », détaille-t-il. La réorganisation permettrait, en outre, d’ajuster les temps de repos aux réalités d’un trafic international et domestique de plus en plus dense.

Mais la décision de la DGAC n’est pas figée : de nouvelles discussions entre la direction et l’ensemble des organisations syndicales auront lieu ce vendredi à Tahiti. Loïc Parisi ne cache pas son optimisme : « Ce que l’on comprend, c’est que si la direction accepte d’ouvrir une telle réunion, c’est qu’on n’est pas loin de l’avoir convaincue qu’il fallait effectivement avancer sur ce sujet ». Pour le représentant syndical, l’issue est proche : « Je ne dis pas que ça va se régler dans les heures qui viennent, peut-être, mais en tout cas, ça va être une question de jours » , conclut-il.

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