Grève au CHPF : « Nous ne resterons pas sans réponse », promet Chantal Galenon

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Invitée du journal de TNTV, ce mardi, la vice-présidente du Pays et ministre des Solidarités, Minarii Galenon Taapupa, revient sur les fortes tensions sociales dans la santé publique et au port de Papeete. Entre maintien du dialogue avec les syndicats, arbitrages budgétaires et organisation de la 4ᵉ conférence du Pacifique sur les droits humains, elle détaille les priorités et les engagements de l'exécutif. Interview.

TNTV : Au port comme à l’hôpital, les discussions n’ont pas permis d’éviter la grève. Sur quel point le gouvernement est-il encore prêt à bouger pour sortir de ces conflits ?
Minarii Galenon, vice-présidente du Pays et ministre des Solidarités : « Notre gouvernement est conscient qu’il faut d’abord améliorer la vie de la population, bien sûr, et d’être à l’écoute. Je crois que de ce côté-là, notre président s’est toujours montré très à l’écoute des syndicats et des revendications. Il y a eu des premières rencontres où il y a eu des propositions, et je sais que ce week-end, les propositions ont beaucoup évolué. Demain, nous avons un conseil des ministres et un conseil interministériel extraordinaire, puisque nous devons encore parler de tous ces problèmes qui se posent aujourd’hui (…). Bien sûr, il faut respecter le droit des salariés, nous sommes très à l’écoute et nous continuerons à discuter pour améliorer la situation de nos salariés. Concernant la santé, nous savons que nous avons beaucoup de malades (…). Cependant, vous l’avez précisé, tout ce qui est urgence, c’est assuré. Mais nous sommes encore en discussion et je sais que notre président sera très à l’écoute des revendications. »

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TNTV : Le Pays a proposé près d’un milliard de francs par an pour les praticiens hospitaliers, mais les autres personnels de santé réclament aussi une revalorisation. Quelle réponse pouviez-vous les apporter?
Minarii Galenon : « C’est justement là-dessus qu’on doit apporter plus de réflexion, parce que c’est vrai qu’on avait mis le paquet sur une partie du personnel. Là, les syndicats nous demandent de revoir pour tous les personnels hospitaliers. On en discutera, nous sommes très sensibles à ce problème et nous ne resterons pas sans réponse, surtout pour le bien-être de la population. »

 

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TNTV : En parallèle, le Pays prévoit 2 milliards de francs d’économie sur le fonctionnement de ses ministères et services. Quelles dépenses comptez-vous réduire concrètement et comment préserver le service rendu aux usagers?
Minarii Galenon : « Le service rendu aux usagers sera maintenu, parce qu’il faut savoir que cette réduction se passera au niveau du fonctionnement des ministères. Peut-être sur certaines prestations de services, puisque nous avons des moyens. Peut-être aussi (…) sur nos déplacements aussi, parce que nous faisons aussi des déplacements vers les îles ou à l’international. Donc, nous pouvons réduire nos dépenses concernant les ministères. Nous avons aussi le fonctionnement au niveau des services de tutelle. C’est vrai que j’ai un service de tutelle qui est en tension, donc ça n’impactera pas forcément sur ce service-là (…). Je sais que chaque ministère est sensible à cette demande. Nous avons tous fait des efforts et nous en avons encore discuté il y a quelques jours pour pouvoir réfléchir à comment faire des efforts. Et je pense que ça se justifie par rapport au ‘mieux-être’ de la population. »

TNTV : Une carte de remise sur les PPN est annoncée et prévue. Concrètement, à partir de quand, qui pourra en bénéficier et dans quelles conditions ?
Minarii Galenon : « Cette carte des PPN, c’est mon collègue du ministère de l’Économie (Warren Dexter, ndlr) qui pourra mieux vous en parler. Pour ma part, je peux vous dire que j’ai une carte de solidarité, la carte fa’atupu que nous avons mise en place. Nous avons décidé d’aider un maximum nos familles. Si nos familles ont des difficultés, par exemple concernant les aides alimentaires ou sociales, j’ai donné des directives pour que ces familles n’en souffrent pas. Parce que ça, c’est important de garder la dignité humaine et surtout de la préserver chaque jour que nous vivons. »

TNTV : Vous êtes sur notre plateau ce soir pour parler de la conférence du Pacifique sur les droits humains. Cette conférence relie les droits des peuples autochtones, la justice climatique et les droits des personnes LGBT+. Quel lien faites-vous entre ces combats dans le Pacifique ?
Minarii Galenon : « Nous sommes le seul pays à avoir ce portefeuille (de la communauté LGBTQ+, ndlr) , à l’avoir identifié. Cela s’est passé en mars 2025 et on me l’a attribué. Sachez que pour moi, ça a été une nouveauté. En discutant avec mes collègues du Pacifique (…), personne n’avait ce portefeuille directement (…). Donc, le Pacifique, il y a eu des décisions, mais sachez qu’il y a aussi des directives qui ont été mises en place, mais qui ne s’appliquent pas directement à nous (…). Nous y avons participé en 2024 au travers d’une association, ça a été d’abord la barrière de langue, puisque c’est plutôt les pays anglophones qui sont concernés. Alors, l’idée, c’est vraiment de travailler ensemble puisque nous sommes aussi un peuple du Pacifique. »

TNTV : Est-ce qu’aujourd’hui, selon vous, l’accompagnement des services sociaux est suffisant auprès des jeunes qui sont parfois rejetés par leurs familles à cause de leur identité ?
Minarii Galenon : « Alors, justement, je compte d’abord sur les associations, parce que vous savez que je remercie d’ailleurs les associations pour leur soutien à la cause. Et ce sont les associations qui m’ont demandé un lieu, un local, pour pouvoir justement déjà se réunir, échanger, et puis pouvoir aussi protéger certaines personnes qui sont en difficulté, de manière à pouvoir les prendre en charge. Et n’oublions pas aussi qu’il y a eu un livret avec 30 mesures concernant les LGBT. Ce sont des mesures qui ont été prises en 2024. Il y a des mesures encore difficiles à prendre en charge, parce que je dois travailler en interministérialité, surtout concernant la santé. Sachez qu’avant la fin de l’année, avec la ministre de la Santé, nous allons présenter la mesure qu’on appelle PREP, pour aider les personnes LGBT lorsqu’elles contractent des maladies vénériennes. Et avant qu’elles ne contractent des maladies, elles ont cette protection grâce à la PREP. »

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