TNTV : Avant de parler de vos priorités pour 2026, on va bien sûr s’arrêter sur cette élection. Vous êtes, depuis le 2 décembre, le leader dans la fonction publique territoriale. Vous vous attendiez à de tels résultats ?
Georges Ateo, secrétaire général délégué de la Fraap : « Non. C’est une belle surprise. Mais il faut dire aussi que le travail a été fait en amont. La dernière grève (…) les discussions n’ont pas pu aboutir avec le gouvernement. Et le syndicat aussi a été déstabilisé. Il faut savoir qu’on avait pris la décision de suspendre et de se remettre au travail, de s’asseoir et réfléchir (…). C’est ce travail qui a fait la différence. On s’est dit qu’il fallait qu’on s’occupe de ces élections-là, des CTP qui allaient venir, pour enfin démontrer, avec les résultats qu’on allait obtenir, que nous sommes quand même un poids. Nous sommes des agents du Pays qui doivent être respectés et considérés. Et les résultats sont là ».
TNTV : Vous êtes un jeune syndicat, 8 ans d’existence seulement. Ça a été difficile de se faire une place parmi les syndicats historiques, notamment ?
G.A : « Oui, ça a été très difficile (…). Nous avons été plusieurs fois frustrés de la manière dont on nous considérait par les pouvoirs publics, par le gouvernement même. Il faut savoir que lors de nos dépôts de préavis de grève, lors des négociations, à chaque fois que la FRAAP sollicitait, par exemple, la valeur du point d’indice ou pour les catégories D, le gouvernement nous répondait toujours qu’il fallait voir avec les autres syndicats. Alors que ce sont des doléances, une revendication qui vient de la FRAAP. Par contre, quand l’autre syndicat dépose un préavis de grève, comme à la DTT en 2024, la FRAAP n’a pas été sollicitée quand ils ont attribué des ISS à certains agents. On a été plusieurs fois frustrés par ce comportement. Il fallait maintenant qu’on démontre que nous sommes quand même un poids. Là, la donne a changé ».
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TNTV : Leader, comment est-ce que vous comptez travailler avec, justement, ces syndicats, comme la CSTPFO et A tia i mua ?
G.A : « Il va falloir qu’on travaille. Le premier dossier qu’on va déposer et discuter avec le gouvernement, et certainement avec les autres partenaires sociaux, c’est la modification de l’arrêté qui détermine la représentativité des syndicats en Polynésie française. Cet arrêté-là est défini de la manière suivante : seuls les délégués du personnel élus chez les salariés du privé sont reconnus par cet arrêté, tandis que les représentants du personnel dans la fonction publique, représentant les fonctionnaires, ne le sont pas ».
TNTV : C’est ce qui vous permettrait notamment de siéger à la CPS. C’est une de vos motivations ?
G.A : « Il y a un siège à la CPS, certainement. Mais nous, on veut plutôt de la reconnaissance. Et cet arrêté-là vient reconnaître, considérer. Et quand on aura des discussions avec l’Assemblée, c’est la FRAAP qui viendra. Il ne faut plus venir nous dire qu’il faut demander aux autres syndicats. Nous, on veut que la FRAAP soit respectée. »
TNTV : En termes de représentativité, qu’est-ce que ça change plus concrètement pour vous ? Vous siégez désormais dans six directions. Vous avez d’ailleurs fait une grosse percée dans l’aviation civile et à l’équipement.
G.A : « Nous sommes à six services où la FRAAP a obtenu tous les sièges. Mais il faut dire aussi que dans d’autres services, où l’on n’était pas auparavant, nous sommes présents aujourd’hui ».
TNTV : Votre message est clair pour 2026. Transformer ce score électoral en avancée concrète pour les agents publics du Fenua. Par quoi commencerez-vous ?
G.A : « D’abord, la modification de cet arrêté de représentativité. Ensuite, on reviendra sur la valeur du point d’indice. Il ne faut pas oublier que le coût de la vie, il est toujours là. Rien n’a été modifié depuis. Donc, on va revenir… » .
TNTV : Les débats avaient été clôturés l’an dernier. Vous en étiez ressortis déçu. Comment vous comptez justement mener ce débat ?
G.A : « Il est prévu chaque année, au mois de mars, une ouverture de discussion à ce sujet-là. On attendra ce moment-là. Le troisième dossier, ça sera la promotion interne des fonctionnaires. Un dossier qui a été entamé, mais qui a été arrêté du fait qu’il y a des anomalies dans les textes qui déterminaient cette promotion interne. Le texte doit être mis sur table et validé en conseil supérieur. Mais il faut vraiment activer ces dossiers-là pour que les fonctionnaires soient reconnus (…). On dit aujourd’hui, quand les fonctionnaires se sont réveillés, ils ont pris conscience de leur carrière, des conditions de travail. Le travail que nous avons mené au sein des services, c’est ce qui a fait en sorte que les fonctionnaires se disent ‘enfin, on s’occupe de nous’ . Pendant des années, ils étaient dans d’autres syndicats, mais rien n’a été fait. Il ne faut pas oublier que la fonction publique date de 1995. Ces anciens syndicats étaient déjà des acteurs de cette fonction publique ».
TNTV : On se rappelle des blocages l’an dernier, de la paralysie de certains secteurs. Est-ce qu’il faut s’attendre au même combat cette année ?
G.A : « La FRAAP, je rappelle, a suspendu. On a préféré être serein puis bienveillant (…). Maintenant, on doit nous écouter. Ils ne peuvent plus ne pas nous écouter. Les débats seront différents » .



