Ce sont des agriculteurs inquiets qui se sont réunis ce vendredi. En cause : la nouvelle loi du Pays sur les pesticides, actuellement examinée à l’Assemblée de Polynésie.
Le texte vise à mieux encadrer la commercialisation, le stockage, la fabrication et l’utilisation de ces produits sur le territoire. Il prévoit notamment un système d’agrément, de certification et de formation obligatoire, assorti de sanctions pénales en cas de non-respect. Des contraintes jugées trop lourdes pour les agriculteurs qui déplorent ne pas avoir été consultés dans la conception de cette loi.
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« On a pas pris en compte en fait notre point de vue à nous agriculteurs et aussi producteurs, estime Ken Lin. On ne se sent pas en fait soutenus aussi par rapport à l’agriculture et notre secteur. Les effets réels c’est bien une baisse de production (…) Ce sera vraiment tout le secteur agricole qui va être impacté par cette loi.«
Dans un secteur sous tension, les agriculteurs redoutent un impact direct sur la production locale.
Selon eux, ces nouvelles obligations pourraient accentuer la baisse des rendements et fragiliser les petites exploitations. Ils craignent également que les produits importés, soumis à d’autres réglementations deviennent encore plus compétitifs sur le marché local.
Pour Eugenie Doom Barff, secrétaire du Syndicat des Agriculteurs de Polynésie et Agricultrice, « si on arrive à importer des produits dont les produits des pesticides sont interdits sur le territoire, nous ne comprenons pas comment ces produits peuvent être importés. Si nous ne sommes pas écoutés, l’agriculture polynésienne va tuer l’agriculteur. Parce qu’aujourd’hui l’agriculteur a besoin de cet outil. C’est son outil de travail, sans cet outil là on ne peut pas approvisionner tout le marché polynésien. »
Pour ces professionnels, l’enjeu dépasse la seule question des pesticides : c’est l’avenir de l’agriculture locale qui se joue, dans un contexte où la production polynésienne reste déjà fragile face aux importations.



