Éducation : les chefs d’établissement tirent la sonnette d’alarme

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Proviseurs et principaux des collèges et lycées publics dénoncent une charge de travail devenue excessive. Dans un livre blanc publié fin 2024, 98 % d’entre eux déclarent dépasser largement le temps de travail légal, parfois jusqu’à 60 heures par semaine. Une délégation nationale du principal syndicat de la profession est actuellement en Polynésie pour porter leurs revendications.

Ils sont en première ligne dans les collèges et lycées, garants du bon fonctionnement des établissements et de la réussite des élèves. Mais aujourd’hui, les personnels de direction du secondaire alertent sur leurs conditions de travail. Selon un livre blanc réalisé fin 2024 – début 2025 auprès de 52 chefs d’établissement publics, 98 % déclarent travailler au-delà du temps légal, certains atteignant jusqu’à 60 heures hebdomadaires.

En cause, notamment, un manque de personnel et une accumulation de tâches qui débordent largement leurs missions initiales : « On a notamment les problématiques de manque de personnel dans pas mal d’établissements, manque de personnel qualifié. Souvent un chef d’établissement, notamment dans les îles, doit s’improviser infirmier, psychologue, assistant social… On a clairement des surcharges administratives à gére, c’est ce qui ressort le plus, au niveau de la communication » déplore Barbara Bellorget, membre du bureau SNPDEN-UNSA, cheffe d’établissement.

 

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Au-delà de la charge de travail, c’est aussi la relation avec la hiérarchie qui interroge. La gestion partagée de l’éducation entre l’État et le Pays est perçue comme un frein. Le livre blanc évoque un manque de confiance et des formes d’ingérence politique dans la vie des établissements.

Face à ce constat, le principal syndicat de la profession plaide pour la mise en place d’une charte des pratiques de pilotage, afin d’alléger les lourdeurs administratives et de renforcer l’autonomie des équipes de direction : « Il faut pouvoir à partir de là engager un dialogue concret, constructif, et qui font vraiment avancer les problématiques, en passant par une meilleure prise en compte de notre réalité de travail sur le terrain ».

Parmi les autres revendications figurent la création d’un compte épargne-temps, permettant de récupérer ou de capitaliser les jours non pris, ainsi que la garantie d’une protection fonctionnelle en cas d’agression ou de mise en cause.

« Au niveau de l’institution, la DG2E, sur le compte épargnant, sur la protection fonctionnelle, est plutôt en phase avec les personnels de direction. Maintenant il y a des lourdeurs, je rappelle, on dépend aussi de l’administration du pays sur laquelle on est mis à disposition » précise Jérôme Le Guillou, secrétaire académique SNPDEN-Unsa, chef d’établissement.

Autre point d’alerte : l’état des bâtiments scolaires, jugé préoccupant dans plusieurs établissements, notamment dans les îles. À travers ce livre blanc, les chefs d’établissement adressent un message clair aux autorités éducatives : pour garantir la réussite des élèves, il est indispensable de préserver aussi ceux qui pilotent au quotidien les collèges et les lycées.

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