Clap de fin pour Fenua’Orama, après 25 ans d’existence

Publié le

La presse papier perd l’un de ses magazines emblématiques en Polynésie française. Après plus de 25 ans de parution mensuelle, le dernier numéro de Fenua’Orama vient de sortir en kiosque. Une ultime édition qui marque la fin d’une aventure éditoriale et d’une époque pour toute une génération de lectrices et de professionnels des médias.

Pendant un quart de siècle, Fenua’Orama a accompagné le quotidien de milliers de vahine. Premier magazine féminin du genre en Polynésie française, le titre voit le jour en 1999 en noir et blanc, avec des pages couleur réservées uniquement aux publicités.

Il faudra attendre une dizaine d’années pour que la couleur s’impose dans l’ensemble du magazine. À son apogée, Fenua’Orama est tiré à 15 000 exemplaires et propose des portraits, ainsi que des rubriques dédiées à la santé, la beauté, la mode, le relooking ou encore le jardinage.

 

– PUBLICITE –

Au cœur de la rédaction durant toutes ces années, la journaliste Isabelle Lesourd se souvient de la ligne éditoriale du magazine, centrée sur des parcours de vie inspirants : « Il n’y a pas de portrait type. On sélectionne un parcours inspirant. Une femme qui se lance dans une activité d’artisanat, une femme qui est engagée dans l’écologie, une cinéaste… En fait, ce qu’on aime mettre en valeur, c’est le parcours des femmes et leur ascension ou leur épanouissement, et leurs compétences ».

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Pour l’équipe qui a fait vivre le titre pendant 25 ans, cette disparition symbolise aussi un tournant pour la presse papier au fenua. Journaliste et secrétaire de rédaction, Lucie Cecarrelli garde en mémoire les nombreux témoignages recueillis, mais aussi les fermetures successives de médias locaux : « C’est très dur pour nous parce que c’est vraiment un nouveau titre de presse qui disparait, et j’en ai vécu plusieurs puisque j’étais aux Nouvelles avant. J’ai aussi vécu la fin de la Dépêche… C’est la perte d’un titre de presse locale qui était quand même un peu une institution dans le paysage. Donc c’est toujours dur de dire au revoir à ça, de dire au revoir à un titre, de dire au revoir à des créations qu’on a créées, de dire au-revoir à des équipes, à des collègues, des collaborateurs, des annonceurs et puis des lectrices et des lecteurs aussi » déplore Lucie Cecarrelli, journaliste et secrétaire de rédaction.

Lucie Cecarrelli (à gauche) et Isabelle Lesourd (à droite), journalistes du Fenua’Orama. (Crédit : TNTV)

En coulisses, au-delà de la rédaction, de nombreux prestataires ont également contribué à l’identité visuelle du magazine, notamment lors des séances photos de couverture. Pour Meryl Rouger, maquilleuse, Fenua’Orama restera un souvenir marquant de sa carrière :« C’est plein de souvenirs, c’est plein de rencontres, c’est plein de moments partagées, c’est plein d’expériences… Je regrette qu’on perde un beau support qui a bercé toutes nos années de moi, qui a bercé mes débuts ».


Le 312e et dernier numéro vient d’être livré en kiosque ce jeudi 5 février. Une édition spéciale Saint-Valentin, avec à la une Matahari Bousquet, Miss Tahiti 2019, et son tāne Kevin Bourez. Une dernière couverture pour refermer définitivement les pages d’un magazine devenu, au fil des années, une véritable institution.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son