Car bass : « Tant qu’on n’a pas de lieu spécifique, on va continuer comme ça »

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Le président de la Fédération polynésienne de car audio était l’invité du journal de TNTV, ce jeudi soir. Jérémy Toomaru déplore qu’aucun site ne soit encore dédié aux passionnés de gros sons qui se réunissent, par conséquent, lors de « rassemblements sauvages ». « Tant qu'on n'a pas de lieu spécifique, on va continuer comme ça », dit-il. Interview.

TNTV : Vous avez été élu très récemment à la tête de la Fédération polynésienne de car audio. De nombreux rassemblements de passionnés de Car Audio ont été autorisés hier, d’autres en revanche ne le sont pas, ils sont dits sauvages.  Qu’en pensez-vous ?

Jérémy Toomaru : « Comme c’est très nouveau pour moi d’être président, je les comprends. Je comprends aussi pourquoi ils font ça. Aujourd’hui, on n’a toujours pas d’endroit pour jouer de la musique et on est obligé de faire avec. Donc pour l’instant, tant qu’on n’a pas de lieu spécifique, je ne suis pas étonné. Et moi, ça m’est déjà arrivé de me trouver dans ces cas-là aussi. Même si je suis président de fédération, tant qu’on n’a pas de lieu spécifique, on va continuer comme ça ».

TNTV : En 2025, vous avez obtenu l’autorisation d’occuper la digue de Papeete. Vous avez même eu la visite du président du Pays pour la première. Si vous aviez un souhait pour 2026, ce serait lequel ? 

Jérémy Toomaru : « Déjà, si on pouvait récupérer encore la digue, mais l’avoir un dimanche par mois sur toute l’année, ce serait déjà un bon début pour nous. On prend déjà ce qu’il y a à prendre. Donc la digue, c’est déjà un grand pas pour nous. Et si on peut avoir d’autres endroits par les communes, avec les tavana de chaque commune, ce serait encore mieux. Comme ça, chaque jeune de chaque commune évitera aussi de sortir de sa commune pour pouvoir pratiquer le car bass ». 

TNTV : Lorsqu’il y a des rassemblements, vous devez demander l’autorisation à chaque maire dans chaque commune. Quelles sont les règles ? 

Jérémy Toomaru : « On a organisé, pour le moment, que des compétitions, qui sont organisées avec une petite sécurité. Après, les gros rassemblements que l’on fait, ce sont des associations, surtout des îles qui nous font venir, avec une sécurité, une ambulance et l’alcool autorisé, mais avec une sécurité aussi ».

TNTV : Y a-t-il un nombre de décibels à ne pas dépasser ? 

Jérémy Toomaru : « Au niveau de la santé, oui. Mais après, c’est compliqué de mesurer des décibels quand on n’est pas à l’intérieur de son véhicule. Parce que mesurer des décibels, c’est à l’intérieur d’un véhicule qu’on le fait. Quand on est à l’extérieur, c’est difficile d’atteindre le nombre de décibels qui sont dangereux pour la santé ». 

TNTV : Le bruit peut déranger, parfois certains riverains. On a souvent tenu tendu le micro à l’association Te Ora Hau qui lutte contre les nuisances sonores. Vous comprenez leur détresse ? 

Jérémy Toomaru : « Je les comprends, et il y a plusieurs écoles. Il y a les nuisances sonores, mais elles ne sont pas dues qu’aux cars audio. Les gros cars audio comme nous, si on le déploie à côté d’une maison, la personne ne va pas attendre un an. Il ne faut pas tout mélanger. Les très gros cars bass comme nous, on nous rend fautifs. Alors que des fois, un petit party box, ou même des petites enceintes, peuvent créer des grosses nuisances sonores.

Et c’est ce qui se passe dans les quartiers. Et là, par contre, par rapport à ça, il vaut mieux éviter de le faire dans les quartiers où il y a des maisons. Surtout pour les riverains ».

TNTV : Qu’est-ce qui vous passionne dans le car bass, dans le gros son ? Et ça va au-delà même du gros son…

Jérémy Toomaru : « Alors pour moi, c’est comme une discipline. Il y a beaucoup de travail. Il y a de la peinture, il y a le montage. Partager sa passion avec tout le monde. Partager nos idées. Nous, à Tahiti, on aime bien toujours faire un joli camion, se comparer à des copains. Et on fait des petits concours entre nous, pour montrer c’est quoi le plus joli, le plus puissant. Et ça nous laisse des occupations à Tahiti. On n’a pas grand-chose. Si tu n’es pas fan du surf ou de la boxe, le car audio fait partie de ça ».

TNTV : Vous avez des projets pour 2026, notamment celui de faire découvrir au public votre passion à travers un festival. 

Jérémy Toomaru : « Nous allons essayer d’organiser un festival pour que les personnes qui ne sont pas fans forcément de cette discipline, puissent venir voir le travail qui est fait. Et ça rapporte aussi de l’argent. Tout ce qui est carrosserie, menuiserie. Après, il y a la partie technique pour installer les décibels. Et le matériel audio à acheter. Après ça n’intéresse pas tout le monde. Mais peut-être qu’une personne qui n’aime pas le car audio peut aimer la peinture de mon camion par exemple. Donc ça peut être pas mal de choses comme ça par rapport au festival qu’on veut organiser ».

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