Militaires d’active, réservistes et anciens combattants étaient réunis ce mardi à Arue pour le Forum des blessés organisé par les Forces armées en Polynésie française (FAPF). Cette rencontre vise à présenter les dispositifs d’accompagnement existants et à faciliter les démarches des militaires blessés, qu’il s’agisse de blessures physiques ou psychologiques.
L’événement s’inscrit dans le plan d’action du ministère des Armées pour soutenir les militaires blessés et leurs proches. Il permet notamment de faire le point sur les mesures mises en place en Polynésie et sur les améliorations apportées depuis la précédente édition du forum, organisée en 2025.
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Parmi les temps forts de la matinée, le témoignage d’un vétéran ayant servi en ex-Yougoslavie. Après une première demande de pension d’invalidité refusée, il a relancé ses démarches l’an dernier à l’occasion du précédent forum. Son dossier a finalement été traité et validé en quelques mois : « Il n’est jamais trop tard pour se faire connaître. C’est une blessure qu’on a. Peut-être que pour vous, quand vous me voyez, ça va. Mais j’ai un problème d’oreille. C’est çaque j’ai subi. Et le problème post-traumatique, ça ne se voit pas. C’est à l’intérieur. Physiquement, quand on me voit, je suis bien portant. J’ai deux jambes, deux bras, mes yeux. Cela ne se voit pas » confie Daniel Tetainanuarii.

Un message qu’il adresse particulièrement aux vétérans vivant dans les archipels, parfois éloignés des dispositifs d’aide. Car derrière certaines blessures invisibles se cachent souvent des traumatismes durables, qui peuvent bouleverser une carrière et la vie personnelle.
« Le militaire dans sa psyché, c’est un guerrier, un aïto, un combattant, et puis là il se retrouve, il n’est plus, il est complètement vulnérable, et après dans le troisième temps en fait, il y a les gens qui ne sont pas des professions de santé, il y a les assistantes sociales qui seront là pour aider la famille, pour aider le blessé, il y a des forces mobilités pour l’accompagnement par l’emploi, il y a le commandement pour essayer de trouver un emploi adapté au sein de l’institution pour le blessé, il y a les associations d’anciens combattants, l’office national des anciens combattants » explique Léopoldine, médecin cheffe, référente « Blessés » des Forces armées en Polynésie française.
Selon les FAPF, environ 150 militaires blessés, Polynésiens ou résidents en Polynésie, sont aujourd’hui recensés sur le territoire. Un chiffre qui reste probablement sous-estimé en raison de l’éloignement géographique de certains anciens combattants.

Avec ce forum, les armées rappellent que les démarches d’accompagnement peuvent désormais être simplifiées et dématérialisées, permettant aux militaires blessés —qu’ils soient d’active, réservistes ou anciens combattants— de se faire connaître et d’obtenir un suivi, même plusieurs décennies après leur engagement.



