Au quartier Tenaho de Pirae, on se rappelle encore des dernières intempéries

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    Depuis deux ans, les habitants du quartier Tenaho, à Pirae, ont retrouvé leurs habitudes. Mais les crues diluviennes qui avaient causé d’importants dégâts en janvier 2017 sont encore dans toutes les têtes. Alors à chaque saison chaude, on scrute la rivière. Comme ces deux dernières nuits où la pluie a été abondante.
     
    « Quand la pluie tombe, on ne dort pas bien, on est inquiets, confie Priscille, une habitante du quartier. Moi, c’est surtout par rapport à mes enfants. Mon fils n’est pas bien non plus quand il pleut. »
     
    La maison de Priscille avait été grandement endommagée il y a deux ans. Elle a pu bénéficier d’aides pour la reconstruire, mais pas suffisamment. Il a fallu que la famille s’endette pour payer la totalité des réparations, ce qui a aussi changé son quotidien.
     
    « C’est toujours compliqué parce que c’est toute une réorganisation pour mon mari et moi, poursuit-elle. On ne peut plus se permettre de faire des folies comme on avait l’habitude. Maintenant, tout est compté. »
     
     

    Son beau-frère Timi, qui vit dans la maison d’à côté, a aussi reçu des matériaux. Mais faute de bras pour l’aider, il ne les a pas encore utilisés. Après les événements de 2017, mais aussi de 1998 dont il se souvient, il se montre fataliste.
     
    « Je ne m’inquiète plus, je me suis trop habitué d’entendre ces grosses pierres qui dévalent de la vallée. Je suis immunisé, si on peut dire ça », s’amuse-t-il à dire.
     
    Suite aux crues d’il y a deux ans, les autorités ont réalisé des travaux de consolidation de la berge. Mais les habitants doutent que ce soit suffisant en cas de fortes pluies.
     
    « Le niveau de l’enrochement qui a été fait est plutôt bas, il aurait fallu le remonter un peu plus, analyse Priscille. Là, si la pluie continue, ça va céder et l’eau risque de repasser par-dessus les rochers. »
     
    Malgré tout, les riverains restent attachés à leur quartier. Comme Timi qui, pour rien au monde, n’irait ailleurs.
     
    « Même si on m’annonce le cyclone, tout ce que tu voudras, je ne vais pas bouger d’ici », conclut-il avec le sourire.
     

    Rédaction web avec Jean-Baptiste Calvas et Sam Teinaore

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