Alliance-Police dénonce un manque de moyens : « On a un besoin urgent de 50 personnels »

Publié le

A l’appel d’un mouvement national, le syndicat Alliance-Police a organisé, ce vendredi, une « mobilisation citoyenne » au Monument aux morts de Papeete. Une cinquantaine d'agents, arrivés au compte-goutte entre deux services, y ont participé pour réclamer des renforts et des moyens adaptés au fenua alors que le budget 2026 de l’Etat est actuellement étudié à Paris. « Il y a un mal-être au sein de la profession. On a des policiers qui sont de plus en plus fatigués, épuisés », explique le secrétaire territorial du syndicat, Johan Tehihipo qui demande un renfort « urgent » d’au moins 50 personnels.

Le calendrier ne doit rien au hasard. Alors que le budget de l’État pour 2026 se discute à Paris, le syndicat Alliance veut peser sur les arbitrages. Il craint que des économies soient réalisées sur le volet sécuritaire. Pour le premier syndicat policier de France, il est au contraire urgent de renforcer les moyens.

« Il y a un mal-être au sein de la profession. On a des policiers qui sont de plus en plus fatigués, épuisés. On ne nous donne pas les moyens pour exercer efficacement nos missions. Donc on est là pour dire que ça suffit », souffle le secrétaire territorial d’Alliance-Police, Johan Tehihipo.

« On a un besoin urgent, localement, en effectifs. Un besoin qu’on a évalué à 50 personnels (…) pour pouvoir renforcer les services d’investigation, les unités de lutte contre les stupéfiants, contre les violences familiales. C’est un besoin qu’on a en urgence », ajoute-t-il en précisant toutefois que les policiers restent « motivés ».

Selon le syndicaliste, 60 % des effectifs en poste à l’aéroport de Tahiti-Faa’a sont des contractuels, un taux jugé trop élevé pour une plateforme internationale. Alliance réclame aussi une « prime vie chère » pour ces agents non indexés qui perçoivent le même salaire que leurs collègues dans l’Hexagone.

« Mafia »

La sénatrice Lana Tetuanui était présente au Monument aux Morts pour soutenir les policiers. Elle a d’ailleurs interpellé le ministère de l’Intérieur, le 20 janvier, sur la gestion des carrières.

« Il est grand temps d’arrêter cette mafia sur la gestion des ressources humaines (..) Quand on fait un appel à un mouvement pour 10 postes en Polynésie, seuls deux de nos enfants reviennent et huit sont des expatriés (…) Je vais déposer une proposition de loi pour que le CIMM -le Centre des intérêts matériels et moraux, Ndlr- revienne de droit à tous les natifs de ce pays », explique l’élue.

Des douaniers et des représentants d’associations, comme celle de Kathy Gaudot de lutte contre l’ice, ont aussi participé au mouvement. Cette dernière s’inquiète de la hausse de la délinquance.

« Le constat que l’on fait sur le terrain, c’est que nous avons besoin de plus de moyens. Pourquoi ne pas ramener aujourd’hui nos enfants polynésiens qui sont en activité sur le plan national (..) Aujourd’hui il nous faut des actions concrètes et c’est à l’État qu’on s’adresse », dit-elle.

Entre besoins humains et logistiques, les forces de sécurité attendent désormais une réponse concrète du ministère de l’Intérieur, alors que les Jeux du Pacifique de 2027 pointent déjà à l’horizon.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son