Après le courrier adressé, mardi, au président du Pays, la rencontre était attendue par l’intersyndicale d’Air Tahiti en quête de garanties.
Car le temps presse. Le contrat de Délégation de Service Public entre le Pays et la compagnie domestique arrive à échéance le 30 juin. S’il doit être prolongé d’un an, rien n’est encore acté.
« Aujourd’hui, nous n’avons rien, aucune signature, aucun engagement. Et la pression commence un peu à monter au niveau de nos personnels, au niveau des agences de vente, autant de Papeete que des îles. Parce que la population veut rentrer chez elle, elle veut acheter des billets, mais on ne peut rien vendre », déploreEmmanuel Faaterehia, délégué syndical SAEGAT
Selon Moetai Brotherson, pourtant, le document est prêt à être signé. Il lance même un appel à la direction d’Air Tahiti. « On a posé les conditions. On a indiqué les montants d’amélioration de cette prolongation de DSP. Ce sont des montants qui ont été calculés par un cabinet spécialisé sur lesquels on était tombé d’accord avant le Salon du tourisme. Et ces chiffres n’ont pas changé. Donc voilà, pour moi, il n’y a rien qui bloque », affirme le président du Pays. Une date est même évoquée : le 9 mars.
A l’issue des 2h30 d’entretien, l’intersyndicale n’est pas tout à fait convaincue. Ses préoccupations ont certes été entendues, mais elles n’ont pas donné lieu à des engagements clairs.
« Ça nous rassure quelque part d’avoir pris conscience que les risques majeurs qu’on aura pour les îles DSP sont pris en considération (…) Donc, on va un peu rassurer le personnel. Aujourd’hui, on n’a pas d’engagement, mais au moins, on a fait éveiller les consciences. Le gouvernement prend en considération ce risque, les inquiétudes du personnel, c’est déjà beaucoup pour nous », indique Emmanuel Faaterehia.
Des inquiétudes que Moetai Brotherson dit avoir entendues. Le président s’est d’ailleurs exprimé directement aux salariés présents ce samedi, afin de réaffirmer le soutien du Pays à l’opérateur historique.
« Ce que je voudrais dire au personnel d’Air Tahiti, c’est que le Pays et ses satellites sont actionnaires à 30% de cette compagnie et n’ont absolument aucun intérêt à ce qu’elle se porte mal ou à ce qu’elle fasse faillite. Cela n’a jamais été l’intention du Pays de mettre en mal Air Tahiti. En revanche, le Pays a été clair dans sa politique générale depuis notre arrivée, c’est que la concurrence doit exister. Elle doit être équitable, mais elle doit exister », a-t-il dit.
Car pour Moetai Brotherson, le modèle actuel n’est pas satisfaisant. Ni pour l’opérateur historique, ni pour le Pays. L’étude, en juin, du Schéma directeur sur le secteur devrait permettre une refonte du contrat de DSP.
Un chantier qui inquiète l’intersyndicale. Face aux craintes notamment de voir la DSP partagée avec Air Moana, le président rappelle la réalité du marché : « Il faut ramener un peu de réalisme dans les propos qui sont tenus par les uns et les autres. Vous avez d’un côté une compagnie qui a aujourd’hui la flotte, le personnel et les infrastructures au sol pour être en capacité d’assurer cette DSP et vous en avez une autre qui n’est pas du tout dans ce schéma-là. Dire que demain on va attribuer la DSP à Air Moana, c’est faire beaucoup de futurologie ».
Reste désormais à concrétiser ces échanges par des faits. L’intersyndicale attend la fameuse prorogation pour un an. Car la pression monte en puissance chez les opérateurs des îles DSP.



