Le CIMM —pour Centre des intérêts matériels et moraux— a été conçu pour permettre aux fonctionnaires ultramarins de bénéficier d’une priorité lorsqu’ils demandent une affectation dans leur territoire d’origine. En Polynésie française, ce dispositif est instruit par le haut-commissariat, ppuis il revient au ministère local concerné de choisir un lieu d’affectation. Le CIMM peut être accordé à titre provisoire, pour six ans, ou de manière définitive. Pour y prétendre, plusieurs critères sont pris en compte, comme le lieu de naissance de l’agent, celui de ses enfants ou encore sa résidence avant son entrée dans la fonction publique.
Mais dans les faits, ce mécanisme est de plus en plus contesté. Les syndicats de l’Éducation alertent sur un système qui, selon eux, finit par bloquer l’accès aux postes pour les jeunes Polynésiens formés en métropole. « En métropole, nous avons des élèves polynésiens qui se préparent à revenir dans des filières attendues. Pour le moment, ils étudient, Mais au moment où ils seront prêts à rentrer, les postes seront déjà verrouillés par des CIMM accordés à vie. Ils devront attendre des départs à la retraite pour espérer une place » déplore Melba Kaua, secrétaire générale adjointe STIP/AEP-UNSA.
Même constat du côté de l’UNSA Éducation, qui plaide pour une réforme en profondeur. « Le CIMM doit faire l’objet d’une refonte législative, donc du travail parlementaire, pour rendre l’accès au CIMM un peu plus juste, de manière à ce que les attaches soient reconnus, et conctèrement avoir des criètres moraux plus importants que les critères matériels » estime Thierry Barrere, secrétaire régional de l’UNSA Éducation en Polynésie.
Le problème de délivrance du CIMM est encore plus critique pour les gendarmes et les policiers polynésiens désireux de rentrer dans leur pays. La sénatrice Lana Tetuanui a relancé le débat cette semaine au Sénat, interpellant le gouvernement sur ce qu’elle juge être une situation inacceptable : « J’apprends que lors du dernier mouvement du perosnnel de la police, sur 10 postes vacants ouverts à une mutation en Polynésie française, seuls 2 originaires ont pu obtenir satisfaction. Ce n’est pas normal, madame la ministre. (…) Quand serons-nous entendus pour qu’à compétences égales, nos compatriotes fonctionnaires polynésiens puissent être considérés comme prioritaires dans les mouvements de personnel ».
Une revendication portée de longue date par les élus polynésiens, mais qui peine encore à trouver un écho concret à Paris. Les syndicats réclament désormais d’être associés aux discussions et aux éventuelles évolutions du dispositif, afin que le CIMM retrouve sa vocation première : permettre aux fonctionnaires polynésiens de servir leur pays, chez eux.



