Abattoir de Tahiti : le torchon brûle entre la direction et une éleveuse de volailles

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Accusations de harcèlement, grilles closes, exploitation à l'arrêt... L'abattoir de Tahiti et l'éleveuse de volailles Vaihere Mollard Lehartel se déchirent depuis lundi dernier, cette dernière accusant publiquement l'établissement de freiner son activité en lui refusant l'accès et en faisant pression sur son équipe. La direction assure au contraire que l'exploitante est responsable d'un climat social délétère.

L’œuf ou la poule? À l’abattoir de Tahiti, le dialogue est rompu.

D’un côté, l’éleveuse Vaihere Mollard Lehartel. Lundi, elle se voit refuser l’accès à l’abattoir pour y déposer ses volailles. Une situation qu’elle choisit d’exposer en direct sur les réseaux sociaux : devant les grilles fermées de l’établissement, elle lance un live qui ne manque pas de faire réagir et cristallise les tensions avec la direction.

« Je suis fatiguée de devoir me battre sur tous les fronts pour simplement exercer mon métier » , dénonce-t-elle dans un autre post sur Facebook, largement relayé.

De l’autre côté, l’abattoir et sa directrice, Françoise Lou Chao. Elle aussi s’est fendue d’une longue publication pour répondre à sa détractrice.

Celle-ci réfute les accusations de l’éleveuse et invoque, au contraire, une mesure de protection du personnel, décidée début décembre 2025 pour apaiser le climat social tendu, selon elle, depuis deux ans. « Il n’y a pas de tensions avec les éleveurs, il y a des tensions avec une éleveuse…Nous n’avons aucun problème avec les trois autres. Une éleveuse de volaille sur quatre », résume-t-elle.

Impasse logistique et sanitaire

Pour tenter de dénouer la crise, l’abattoir affirme avoir proposé des aménagements, notamment une ouverture exceptionnelle le mardi pour permettre à l’éleveuse de livrer via des tiers. Une main tendue restée sans effet, l’exploitante expliquant être privée de main-d’œuvre. « J’ai ma cousine qui est partie dans la famille. Donc je n’ai pas pu avoir quelqu’un d’autre », explique l’éleveuse.

Au-delà de la guerre des nerfs, le conflit se cristallise sur des griefs sanitaires mutuels, chacun se renvoyant la balle sur le respect de la chaîne du froid. « De notre côté, on fait notre part pour respecter les normes d’hygiène », assure-t-on du côté de l’abattoir.

Entre la nécessité de protéger les salariés et l’urgence de sauver une exploitation avicole en détresse, l’arbitrage s’annonce délicat.

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