L’effervescence était palpable dès 6h du matin, ce dimanche, à l’occasion de l’ouverture du marché communal Tahua Vaireu de Punaauia. Un projet longtemps évoqué depuis plusieurs dizaines d’années, désormais concrétisé. Lors de la concertation citoyenne liée au Plan général d’aménagement, 99 % des personnes interrogées s’étaient prononcées en faveur de la création du lieu.
Ce marché en plein air, installé sur 3 200 m² et composé de 50 stands de produits locaux, sélectionnés après appel à candidature, sera ouvert tous les dimanche de 5h à 11h. Il reste encore un stand à pourvoir. Chaque exposant bénéficie d’un espace de 20 m², loué 3 500 francs par jour, avec du matériel fourni par la commune.
Pour Hinatea, vendeuse de plats dominicaux, cette première matinée a été intense. « C’était chargé ce matin, il y a eu du monde d’un coup, on n’était pas prêt. J’appréhendais par rapport au temps parce qu’il pleuvait beaucoup cette semaine. Mais tout s’est bien passé », sourit-elle. Même constat du côté de Patrice, exposant de jus de fruits frais, qui salue l’organisation. « Dès 4h30 le monde était là. Ça a été bien pensé et sécurisé. Les gens peuvent se garer facilement. Très content du 1er jour », ajoute-t-il.

La commune a préféré le choix d’un marché extérieur, sous chapiteaux, à celui d’un bâtiment fermé, à l’image de nombreux marchés de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie aujourd’hui déficitaires en raison des coûts liés à l’électricité, au gardiennage, au nettoyage ou à l’entretien. Ici, pas de chambre froide ni de lourds frais fixes. Un modèle financé intégralement sur fonds propres communaux, pour un montant total de 48 millions de Fcfp, incluant les travaux et le mobilier.
Parmi les stands les plus courus, celui de Teheiarii, jeune charcutier aux inspirations texanes.
« Il est presque 7h30, il nous reste quelques lollipops, c’est du pilon de poulet qu’on a enrobé de bacon, et à l’intérieur, on fait un petit laquage au miel pour donner ce petit côté sucré-salé. En dessous, on a de la poitrine de porc qu’on vient laquer au miel. Et à côté, on a nos dernières petites pièces d’échines qu’on est venu travaillé façon pua’a rôti mais avec une cuisson à la texane », détaille-t-il.

Si l’accueil est globalement positif, quelques réserves émergent sur les prix. « Je suis un peu déçue par rapport au marché de Papeete, qui est quand même beaucoup plus grand et avec plus de diversité. Les prix sont un peu excessifs, mais c’est Punaauia, souffle une cliente. Par exemple, je vois les pitayas à 1500 le paquet, tu les trouves à 1000 f à Papeete. Mais pour le début, je trouve que c’est très bien ».



