À l’OPT, la grève débute sur fond de tensions avec la filiale ONATI

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Comme annoncé par les syndicats en fin de semaine dernière, une grève a débuté ce lundi à minuit dans l’ensemble du groupe OPT. Malgré plusieurs tentatives de discussions autour des 28 points de revendications, le principal point de blocage concerne la filiale ONATI. Les représentants syndicaux dénoncent des problèmes de management et le non-versement intégral d’une prime.

Ils n’étaient qu’une cinquantaine ce lundi matin sur le piquet de grève devant le siège de l’OPT à Papeete. Un nombre relativement limité au regard du millier de salariés que compte Fare Rata. Mais selon les grévistes, la mobilisation est surtout visible dans les archipels.

« À titre d’exemple, aux Australes, nous avons 5 agences et 5 centres télécoms, eh bien les 5 sont en grève. Un autre exemple, sur les Tuamotu, on vient de me dire que sur les 39, on en a 31 qui sont en grève, et sur les Marquises, sur 13, on en a 11 qui sont en grève » explique Moana Pihatarioe, syndicaliste de Sapot Fare Rata.

 

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Parmi les 28 revendications portées par les syndicats, la question du management au sein de la filiale ONATI cristallise particulièrement les tensions : « On a des soucis avec lui (Nicolas Weinmann, DG d’ONATI, Ndlr) sur son management, sur sa façon de parler aux représentants qui sont à la limite du délit d’entrave. Et en plus, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui fait que nous sommes en grève aujourd’hui, c’est d’avoir coupé la prime sans respecter les dispositions réglementaires des accords et conventions collectives » indique Cyril Legayic, représentant CSIP.

Au cœur du conflit, une prime liée à la performance des agents d’ONATI pour l’année 2025. Les salariés estiment avoir rempli leurs objectifs, mais reprochent à la direction de ne pas avoir versé la gratification dans son intégralité : « On a performé dans notre travail, mais maintenant, on vient de nous opposer les résultats de l’entreprise. Il ne fallait pas changer alors les accords, il fallait les garder comme ils étaient avant, ou il fallait déjà communiquer en amont parce qu’on est capable d’entendre, on écoute et on entend. Si on avait communiqué en amont pour dire que les résultats de l’entreprise sont tels, donc sur la prime, on va faire ces efforts » déplore Moana Pihatarioe, syndicaliste de Sapot Fare Rata.

Après plusieurs rencontres avec la direction ces derniers jours, les syndicats disent désormais attendre des réponses concrètes : « Il n’est pas question pour nous de venir discuter point par point, ils ont déjà depuis plus de 10 jours, les points de revendication, ils connaissent les points, puisqu’il y en a des points qui datent de l’année dernière, d’un préavis d’août 2025, donc on souhaiterait de leur part des réponses » ajoute Cyril Legayic.

De son côté, la direction indique que le taux de grévistes au sein du Groupe s’établit à 26,60 % de l’effectif total. « Nous avons travaillé avec l’équipe dirigeante à la préparation d’une réponse structurée aux cinq points des revendications communes portés par l’intersyndicale et l’avons transmise à 16h. Une rencontre a également été proposée pour demain » , écrit la PDG Hina Delva dans un communiqué interne, transmis à l’ensemble des rédactions.

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