Trois jours d’escale à Tahiti et il faut déjà se préparer à reprendre la mer. Krzysztof Baranowski n’a pas peur de naviguer seul, malgré son grand âge, 87 ans.
« Je suis en bonne forme. Je peux le gérer. Je suis en bonne forme parce que j’ai l’habitude de skier dans les courses. Et je fais du slalom géant, ce qui nécessite une bonne condition. Donc si je peux le gérer sur le ski, je peux gérer des voiles. Ça demande moins d’effort. »
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Le marin n’en est pas à son premier coup d’essai. Il est le premier Polonais à avoir franchi le Cap Horn en solitaire à la voile en 1973 et à avoir fait deux fois le tour du monde, d’abord en 1972, puis en 1999.
Jamais deux sans trois : Krzysztof a repris le large l’année dernière. Son escale en Polynésie lui rappelle des souvenirs. « Il y a 30 ans, j’étais ici, lors de mon voyage solitaire autour du monde. Aujourd’hui, je fais la même chose : je suis au même endroit, et même dans le même café. »

Pour voguer dans le grand océan Pacifique, le Polonais n’hésite pas à s’inspirer des méthodes traditionnelles de navigation polynésienne : « Je regarde les étoiles, je regarde le soleil. J’ai un sextant avec moi, mais je ne prends pas ces mesures tous les jours, parce que je peux vérifier ma position sur le GPS. Je sais toujours quelle est ma position. »
Son voyage est suivi de près en Pologne grâce aux réseaux sociaux. Henryk Malinowski, journaliste, a même fait le déplacement jusqu’à Tahiti pour raconter son aventure au gré du vent. « Ce n’est pas très passionnant de rencontrer cet homme et de discuter avec lui en Pologne, mais c’est très spécial de le rencontrer ici. (…) C’est peut-être la première et la dernière fois que j’aurai l’occasion de le rencontrer ici. C’est quelque chose de très, très spécial pour moi, et je me sens privilégié de pouvoir le rencontrer en personne ici, car il s’agit d’une légende vivante. »

Ce tour du monde en solitaire se veut aussi une introspection pour ce vieux loup de mer, veuf depuis l’an dernier. Une quête spirituelle, en tête à tête avec les éléments. « J’aime beaucoup cette sensation, parce que quand tu es seul, le ciel est très proche de toi. C’est comme si tu parlais à Dieu, à l’univers. C’est là que tu ressens les sentiments plus forts, quand tu es seul, c’est beaucoup d’émotions, comme les gens qui traversent un désert, tout seul.«
À bord de Meteor, le marin poursuit son voyage. Il a mis les voiles mercredi en direction de Fidji, avec la ferme intention de se rapprocher des étoiles.



