Une fresque réalisée par des patients au nouveau pôle de santé mentale

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Au sein du nouveau pôle de santé mentale du CHPF, deux pirogues réalisées par des patients en psychiatrie ont pris place dans le hall d’accueil. Un projet artistique et thérapeutique mené en atelier d’ergothérapie, où la création devient un levier de reconstruction et de lien social.

Dans un atelier d’ergothérapie, ils étaient neuf patients à participer à la réalisation de deux œuvres. Un projet collectif, guidé par des soignants et l’artiste Souchi, autour d’un thème : la pirogue, symbole du voyage et du lien. « C’est un peu le voyage, on traverse l’océan… Cela m’’intéresse, j’apprends » confie l’un des participants.

Au fil des séances, les patients deviennent des créateurs. Ils découvrent différentes techniques et s’approprient les outils. L’objectif n’est pas la performance artistique, mais l’expression. « On a vu un peu les notions de fond jusqu’au premier plan, différentes techniques et surtout on leur explique qu’il n’y a pas besoin de savoir dessiner pour s’exprimer par la peinture, il n’y a pas que les pinceaux, il y a même des techniques différentes », explique l’artiste Souchi.

Découper, poncer, assembler, peindre… Chaque étape devient un exercice à part entière. Derrière ces gestes, un travail thérapeutique : retrouver des repères, canaliser ses émotions, réapprendre à faire. Certains redécouvrent même le plaisir d’une activité loisir : « Je me suis mise à chercher de la peinture à la maison, ça m’a donné envie de peindre. Peut être que ce qu’on n’arrive pas à dire avec les mots, on le transcrit par la peinture » témoigne une patiente.

Au-delà de l’objet artistique, ces pirogues jouent un rôle symbolique dans le parcours de soins. « C’est un objet transitionnel qui va permettre d’accompagner les patients de l’atelier d’ergothérapie vers les nouveaux bâtiments du pôle de santé mentale. Il aura aussi pour but de rassurer les patients dans ce déménagement » indique Aurélie Rochon, ergothérapeute.

Installées récemment dans le hall d’accueil, les œuvres marquent l’aboutissement de plusieurs semaines de travail. Pour les encadrants, l’essentiel reste le retour des participants. « Ce qu’ils nous ont dit, le bien que ça leur a fait, cela nous a conforté dans le choix de faire ce projet ».

Ce projet s’inscrit dans une prise en charge plus large. Le centre de jour de réhabilitation accueille des patients stabilisés, accompagnés par une équipe pluridisciplinaire pour retrouver autonomie et confiance. Pour Nathalie Bastien, cadre de santé : « Il s’agit de réapprendre aux patients toutes ces compétences que parfois ils ont oubliées, parce que la maladie, parce que le traitement, parce que l’isolement, parce que le regard de la société aussi qui n’est pas toujours facile… Donc c’est réapprendre ces compétences et finalement oui je sais me faire à manger, je sais écrire, je sais peindre, je sais coudre, je sais faire tout un tas de choses, il suffit qu’on me remette le pied à l’étrier ».

Sur les murs encore neufs du pôle de santé mentale, ces pirogues tracent désormais une trajectoire : celle d’un chemin vers la reconstruction.

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