Accidents du travail : les trajets, « point noir » de 2025

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Près de 3 000 accidents du travail et maladies professionnelles ont été enregistrés en Polynésie française en 2025. Parmi les chiffres qui préoccupent la CPS, les accidents de trajet ont bondi de 12,2 % en un an. Plus de 600 ont été recensés, dont 35 % liés aux deux-roues.

Sur les 76 391 salariés que compte le fenua, 2 938 accidents du travail et maladies professionnelles ont été enregistrés en 2025, soit une déclaration toutes les 3 heures. Un chiffre en augmentation depuis plus d’une décennie, mais qui doit être mis en parallèle avec la progression du nombre de salariés déclarés auprès de la CPS.

Infographie TNTV

« Les sinistres ont augmenté de 23 % en 2025 en Polynésie. Parallèlement, les effectifs ont aussi augmenté de 21 %. Donc on a en fait une sinistralité qui est adossée à l’emploi. Ce n’est pas forcément super satisfaisant, mais c’est quand même bien. Et il y a encore du chemin à faire », explique Céline Antoine-Michard, praticienne-conseil adjointe au médecin-chef du contrôle médical de la CPS.

Plus de 600 accidents de trajet

Parmi les données qui préoccupent particulièrement la CPS figurent les accidents de trajet. Leur nombre a bondi de 12,2 % en un an. Plus de 600 ont été recensés en 2025 et, dans 35 % des cas, ils impliquent des deux-roues.

« Oui, c’est un peu le point noir de ces statistiques, puisqu’on constate que pour 2025, on a eu à peu près plus de 600 accidents de trajet, ce qu’on appelle les accidents de trajet, et dont 35 % qui sont liés à des deux-roues. Donc on a une montée qui est croissante par rapport à ça. Donc c’est un point de vigilance », souligne Céline Antoine-Michard.

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Pour renforcer la prévention, la CPS organise depuis quinze ans ses Journées de la santé et de la sécurité au travail, destinées aux entreprises et aux institutions du territoire. Organismes de formation, professionnels et fournisseurs de matériel spécialisé y sont réunis afin de présenter différentes solutions permettant de réduire les risques.

Responsable prévention au sein d’une entreprise de BTP, Cynthia Hugues est notamment venue chercher des solutions adaptées aux activités de son entreprise. « Moi, ça m’intéresse particulièrement parce qu’on a des sites de centrales à béton. Et on a aussi des centrales à enrober qui font des nuages de poussière pour le ciment et le béton et qui font des fumées particulières pour l’enrober. Et du coup, j’étais intéressée de voir ce genre de solution. »

La CPS prend en charge 50 % de certains équipements

L’investissement dans du matériel de prévention peut représenter un coût important pour les entreprises. La CPS propose pour cela son dispositif « Outils plus sûrs », qui permet une prise en charge à hauteur de 50 % du prix neuf de certains équipements destinés à limiter les risques professionnels.

« C’est un réel accompagnement. C’est vrai que sur des petites unités, l’investissement reste assez cohérent. Après, en fonction du volume des entreprises, ça peut effectivement demander des investissements très importants. Donc très clairement, cet accompagnement de la CPS ouvre le champ des possibles pour aussi bien des petites structures que les grandes structures », estime Lionel De Coninck, technico-commercial.

Les risques psychosociaux ont aussi un coût

La prévention ne concerne pas uniquement les accidents corporels. Les risques psychosociaux (RPS) touchent l’ensemble des secteurs d’activité. Des agents de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) ont fait le déplacement en Polynésie pour sensibiliser les managers à leurs conséquences humaines, mais aussi économiques.

« Sur le coût de non-traitement, là je pense qu’il y a un boulot à faire aussi à ce niveau-là parce que la personne va être touchée, son collectif va être touché parce qu’il y aura une surcharge de travail. Si on fait venir des remplaçants, des intérêts, il y aura des temps de formation, on aura une perte de qualité. Il y a un vrai enjeu, les RPS, c’est entre 1 à 3 % de PIB au niveau national », explique Patrick Issartelle, responsable développement de l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT).

Au-delà de leurs conséquences pour les salariés et les entreprises, les accidents du travail et les maladies professionnelles représentent également un poids financier conséquent pour la protection sociale. En 2025, leur coût pour la CPS serait d’environ environ 1,8 milliard de Fcfp.

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