Souveraineté : « Nous sommes exclus du débat qui nous concerne », déplorent les étudiants de l’UPF

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Après les chercheurs, c’est au tour des étudiants de s’inviter dans la polémique du colloque à huis clos sur la souveraineté. Présent ce matin à l’ouverture des sessions, ils ont eux aussi tenu à manifester leurs incompréhensions.

Pancartes, tribunes et QR codes. Dans le sillage des chercheurs, plusieurs étudiants de l’Université de la Polynésie française ont, eux aussi, voulu faire entendre leur voix. Pour eux, difficile de comprendre pourquoi ce colloque se tient à huis clos.

« En contexte polynésien, c’est normal de réfléchir à la souveraineté polynésienne avec la population polynésienne. Et à l’université, la population polynésienne, justement, elle est représentée en très grande majorité par les étudiants », souligne Ihirau Piton, étudiant en Littérature, civilisation et société océanienne

 

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« On est très déçus d’avoir une partie de la communauté universitaire, à savoir les étudiants qui sont exclus de participation à ces discussions et à cette création de savoir sur ce sujet-là », déclare quant à lui Nicolas, également étudiant en Littérature. Pour sa collègue Mihia, autorisée à assister au colloque, les échanges sont « hyper riches pour nous les étudiants qui sommes en train de nous former à ça ».

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Parmi les auditeurs présents, la députée de Polynésie française Mereana Reid Arbelot. Venue assister au débat, elle a également tenu à afficher son soutien aux étudiants et son intérêt pour le colloque. « C’est plutôt pour moi une bonne nouvelle d’avoir des chercheurs, des universitaires qui se penchent sur la question pour pouvoir éclairer les consciences, éclairer aussi les possibles. Et donc tout cela m’intéresse pour la Polynésie, pour la Nouvelle-Calédonie et pour les peuples qui cherchent leur souveraineté, pas seulement politique. On parle de souveraineté alimentaire, on parle de souveraineté stratégique, de plein de choses qui peuvent apporter à la réflexion. Et c’est ça qui est important.« 

La Nouvelle-Calédonie, c’est d’ailleurs le focus du jour. Et il suscite forcément la curiosité des étudiants en histoire de l’Océanie. « On partage l’état colonial. Dans le Pacifique, on est quelques bulles de francophonie et de colonisation francophone. Donc on a peu ou proue les mêmes problématiques. Justement, voir comment est-ce que la Kanakie a pu mener ses différents combats, c’est un exemple à suivre et à adapter pour chez nous« , estime Ihirau Piton.

Mais la réflexion dépasse largement le cadre universitaire. Pour la directrice de recherche au CNRS Isabelle Merle, la stratégie indo-pacifique portée par Emmanuel Macron n’a pas permis de répondre aux enjeux de décolonisation, faute de véritables débats. « La question, c’est cette difficulté à penser une décolonisation qui pourrait aboutir sur un nouveau pacte gagnant-gagnant en réalité, c’est-à-dire sur la base du consentement et de l’adhésion. Les stratégies dès la présentation du pacte indo-Pacifique en 2018 visaient, et tout en a découlé de façon très cohérente, visaient à surtout clore cette longue période de décolonisation selon l’accord de Nouméa par un retour dans le giron français de façon extrêmement ferme et extrêmement verrouillée, y compris sur le plan international. Le bilan du point de vue calédonien, on peut dire que le bilan est terrible parce que le pays n’a jamais été aussi en difficulté qu’aujourd’hui. »

Une lecture critique est assumée, mais une lecture nécessaire selon les chercheurs au débat sur l’avenir du Caillou.

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