Le projet de centre-ville, cœur battant de la campagne municipale à Pirae. Porté par le maire sortant Édouard Fritch, ce pôle d’activité de 3 hectares doit s’installer sur le site d’Aorai Tini Hau et de l’ancien COMSUP.
Pour la tête de liste de « Liste d’union et d’action communale », l’enjeu est avant tout social et économique face aux 500 à 600 jeunes de la commune en recherche d’emploi. « Il nous faut accueillir les entreprises ici, pour que les jeunes de Pirae deviennent prioritaires sur l’accession à l’emploi. À chaque fois, aujourd’hui, ils sont obligés de partir sur le Papeete, d’aller à Tipaerui, voire même à Punaruu, pour trouver des entreprises, déplore-t-il. En créant le centre-ville et en créant de l’activité, en faisant venir chez nous des entreprises, je suis sûr que le pari va être gagnant. Aussi, celui de la cohésion familiale, puisque nous allons faire une maison pour tous, qui va accueillir les vieux, qui va accueillir les jeunes sur le centre-ville (…). Et surtout, créer de l’emploi, créer des conditions pour que nos jeunes puissent accéder à l’emploi », conclut-il.
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L’alternative du « Village Polynésien »
Si Temarama Varney, à la tête de la liste « Pirae a tia mai », partage cette volonté de développement, il imagine une forme bien différente pour ce site emblématique. « Nous souhaitons vraiment mettre en place ce village polynésien, qui pourrait redonner de l’activité économique aux associations. Et puis il y a aussi la volonté pour nous de mettre en place des roulottes, un peu à l’image de ce qui s’est fait à Vaiete à l’époque » , propose-t-il. Autres objectifs : « Donner de l’activité économique aux administrés de Pirae qui n’en ont pas, de l’emploi, de la création d’activités (…). C’est aussi le travail dans les écoles pour les rendre plus attractives, pour ramener les enfants qui sont inscrits ailleurs qu’à Pirae, mais qui y vivent », explique-t-il.
Manque de concertation pour Tevaiti Pomare
Ce projet de centre-ville moderne ne fait toutefois pas l’unanimité. Tevaiti Pomare, soutenu par le Tavini Huiraatira avec la liste « Pirae toi aia », conteste la pertinence de ce moteur de développement. « C’est un centre-ville qui ne correspond pas à l’âme de Pirae, à la volonté et aux besoins de la population (…). On a besoin de restaurer nos lieux de culte comme notre marché, notre centre artisanal, nos écoles. Ce qui ne va pas avec ce projet c’est que la population n’a pas été associée », dénonce-t-il. « Je discutais par exemple avec les personnes du marché, il y aurait apparemment un nouveau marché de prévu dans ce centre-ville, mais aucun des commerçants n’a été sollicité. Autant on n’a pas été sollicité, autant ce qui est prévu, ce sont des baux emphytéotiques de 70 ans pour ce nouveau centre-ville. Cela voudrait dire que nos enfants et nos petits-enfants n’auront pas leur mot à dire non plus sur ce centre-ville » , prévient-il.
À quelques jours du premier tour, les électeurs de Pirae devront trancher entre ces différentes visions pour l’avenir de leur commune, alors que cinq listes restent en compétition pour décrocher la mairie.



