Municipales à Hitiaa o te Ra : les car bass au cœur du débat

Publié le

Apparues en 2023, les installations de “car bass” divisent la commune. Fermetures de sites, rochers installés par la municipalité, vidéos virales : le sujet s’invite dans la campagne. Les cinq listes candidates avancent leurs propositions.

Des images largement relayées sur les réseaux sociaux ont récemment relancé la polémique. À Hitiaa o te Ra, les rassemblements de “car bass” ont successivement investi Pape’ana’ana, puis Mahaena, avant de s’installer sur la route de Nive’e.

Face à des débordements répétés, sur fond d’alcool et de stupéfiants en présence de mineurs, la commune a décidé de fermer ces sites au public en décembre 2024.

 

– PUBLICITE –

Pour Émile Paofai, responsable du sport et de la jeunesse à Tiarei et tête de liste A Here ia Hitiaa o te Ra, la situation nécessite un encadrement strict : « Il y a un exemple, c’est Bora, c’est ce qu’on veut aussi faire dans Hitiaa o te Ra. On vient réglementer la zone, tout, même l’association, tout ça. Mais vous aussi, les familles, il faut que vous preniez aussi votre responsabilité ».

Du côté du maire sortant, Henri Flohr, tête de liste Hotu rau no Hitiaa o te Ra, le principe d’une réglementation fait consensus : « S’il faut réglementer, pour nous, ok, trouver un endroit, on est prêt. On est prêt à leur proposer un endroit, mais à réglementer. Pour nous, réglementer, s’il y a des mineurs, il faut les accompagner. Tout ce qui est stupéfiant, là, on arrête.Ça, s’il faut leur dire de stopper ça et ça et ça… Est-ce que les jeunes sont d’accord aussi ? Mais pour nous, il faut réglementer, c’est le seul moyen pour arrêter ces bêtises ».

Même ligne du côté de la liste Tapura ‘āmui emmenée par Dauphin Domingo, qui met en avant la sécurité et la tranquillité des administrés. Son co-listier Tuterai Virau précise : « On n’est pas là pour faire de la répression, c’est aussi l’aspect communication qui est important. Je pense que le fait que l’on puisse cadrer un peu tout ça, que l’on puisse dédier des espaces d’expression pour ces jeunes, ça serait quelque chose de formidable ».

Les « car bass », un phénomène apparu en 2023 qui divise la commune et s’invite dans la campagne. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Seule femme en lice, Camélia Taupo Papin, tête de liste Te U’i hou no Hitiaa o te Ra, évoque également un cadre horaire strict : « Vous êtes autorisé de telle heure à telle heure, ensuite on ferme le site. Au moins, vous avez passé du temps à votre passion. Après, si c’est pour se rassembler, pour la beuverie, je pense qu’à un moment donné, il faut être raisonnable ».

Enfin, Vincent Maono, tête de liste Tavini ia Hitiaa o te Ra, préfère élargir la réflexion à l’accompagnement de la jeunesse : « De ne pas priver l’administré de son droit, son droit d’aller où il veut. Nous, on n’est pas pour le car bass sauvage. Le car bas, c’est un peu le sujet qu’on met côté. Notre façon de répondre, c’est d’aller vers d’autres activités. Dans le sport, dans la culture, faire des expositions… Pourquoi pas aller au fa’a’apu ?  Avant, Mahaena, Tiarei et Papenoo, c’était des grands agriculteurs ».

Aujourd’hui, si la commune autorise certains passionnés à se réunir à la Maroto, la question d’un site dédié reste posée. Deux listes ont déjà rencontré le président du Pays pour évoquer la possibilité d’un aménagement spécifique du côté de Hitiaa.

Dernières news

A lire aussi

Activer le son Couper le son