« Prenons notre courage par les deux mains, on va décider d’interdire totalement l’importation de tous ces produits vapeur, on va commencer par ça, vapeur et tous les dérivés ». Cette proposition inattendue de Lana Tetuanui a laissé l’hémicycle sans voix.
Alors que les représentants et le gouvernement débattaient sur le projet de loi de pays relative à la lutte contre le tabagisme censé encadrer de manière plus stricte la commercialisation et l’usage du tabac et ses dérivés, la sénatrice Lana Tetuanui a donc proposé d’aller plus loin avec un nouvel amendement.
Un 75ème article a donc été inscrit dans cette loi, interdisant l’importation et la distribution de cigarettes électroniques et autres puffs dès juillet 2026 et l’interdiction totale de leur vente d’ici juillet 2027. Une loi adoptée par la grande majorité des élus.
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« Ma voix a été entendue, j’aurais espéré qu’on acte l’interdiction dès aujourd’hui, dès l’apparition de la loi du pays, bon, j’ai quand même été tolérante pour dire qu’il faut laisser aussi le temps à tous ceux qui ont importé, qui ont un stock de tous ces produits à pouvoir écouler, mais je m’en félicite et je remercie aussi bien le gouvernement et la majorité aujourd’hui d’avoir soutenu cet appel », a-t-elle déclaré.
Le ministre de la Santé, visiblement surpris par cette mesure radicale, salue néanmoins cette dynamique. « En tant que ministre de la Santé, je vais devoir gérer une situation qui est bonne pour la santé publique, parce qu’aujourd’hui la vapote devenait un vrai problème de santé publique chez les jeunes, et ça permettait d’encadrer la vente aux jeunes puisqu’elle n’était pas réglementée. On est allé beaucoup plus loin que ça. Donc, il faudra prendre plus de mesures en faveur d’une lutte contre les addictions. »
D’autres mesures concrètes viennent renforcer ce dispositif : interdiction des sachets de nicotine (naturels ou synthétiques, avec ou sans tabac), interdiction de la nicotine synthétique, bannissement des cigarettes électroniques attractives pour les jeunes, notamment celles ressemblant à des jouets.
En parallèle, la loi introduit plusieurs mesures fortes pour encadrer la consommation de tabac : l’obligation du paquet neutre pour toutes les cigarettes, des restrictions sévères sur les arômes, et l’interdiction de fumer ou vapoter dans les parcs, plages et jardins (la liste sera fixée par arrêté du Conseil des ministres).
Si le vote fut massif, les échanges ont été vifs à l’Assemblée. Certains élus, comme Nuihau Laurey, ont dénoncé une atteinte à la liberté individuelle, allant jusqu’à comparer l’interdiction du vapotage à une éventuelle prohibition de l’alcool. À l’inverse, des voix comme celle de Hinamoeura Cross Morgant (Tavini) ont rappelé l’ampleur du phénomène chez les jeunes et les dangers sanitaires liés au vapotage.
Seules 5 voix contre et une abstention sont venues mettre de la nuance. A l’instar du représentant non-inscrit à l’assemblée, Nuihau Laurey, qui voit d’un mauvais œil cette « interdiction pure et simple ». « Le rôle du législateur c’est de faire en sorte qu’il y ait une responsabilité individuelle. C’est pour ça qu’on met en place des taxes, c’est pour ça qu’on met en place des mesures restrictives, (…) nous nous sommes contre, quelle que soit la motivation de ces demandes. Donc, nous, on votera contre cet amendement et, s’il passe quand même, on votera contre ce texte. »
Contactés, les revendeurs de cigarettes électronique n’ont pas souhaité s’exprimer, mais se réservent le droit d’attaquer ce texte.