Les discours du président de l’Assemblée Antony Géros, suivi de celui du président du Pays, Moetai Brotherson, ont laissé les élus autonomistes sur leur faim.
« On était malheureusement loin des attentes des Polynésiens », a soufflé le sénateur Teva Rohfritsch qui a vu dans ces deux interventions une « actualité politicienne », un « règlement de compte ».
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Lui aurait souhaité entendre un « programme d’actions (…), ce qui est normalement d’usage à l’ouverture de la session administrative ».
Mais faute de majorité absolue du Tavini à l’Assemblée, après le départ de 15 de ses membres pour créer le nouveau groupe A Fano Ti’a, Teva Rohfritsch souligne que l’exécutif rencontrera des difficultés pour gouverner.
« On sent bien que l’on entre dans une période, je ne vais pas dire d’instabilité, mais de grosses perturbations dans l’action du gouvernement, peu de temps, finalement, après avoir pris les rênes du Pays », a-t-il dit.
« Ce sont encore les Polynésiens qui vont être oubliés dans tout ça (…), même si chacun a promis qu’il allait voter pour l’intérêt général. Les discours de ce matin n’étaient pas dans l’intérêt général », a-t-il encore asséné.
« Ce qui m’inquiète surtout, c’est que l’on est dans un monde en tension, en guerre. Il y a de vrais périls sur la hausse des prix alors que nous sommes déjà sur un niveau de prix très élevé (…) J’avais cru comprendre que ce groupe -le A Fano Ti’a, Ndlr- souhaitait s’intéresser aux sujets de la vie quotidienne. Ce n’est pas ce que j’ai entendu aujourd’hui », a ajouté le sénateur.
Pour lui, cette nouvelle année de mandature à Tarahoi « pouvait encore être une année de travail et non pas électorale » : « S’il y avait une année où il fallait se concentrer, c’était celle-là. On ne peut pas avoir un mandat de 5 ans et être en permanence en campagne pour les Territoriales ».
« Moment d’indignité politique »
La représentante Tapura Tepuaraurii Teriitahi s’est dit, elle, inquiète pour « la stabilité de notre pays ».
« Cette division fait qu’il n’y a plus de majorité absolue au sein de l’assemblée. Pour obtenir la majorité de 29, il va falloir à chaque fois trouver des consensus entre les groupes et avec les non-inscrits. Cela nécessitera beaucoup d’écoute de la part du gouvernement », a déclaré l’élue pour qui cette situation peut toutefois représenter une « chance » pour que le Tapura soit « mieux entendu ».
Dans un communiqué, le parti autonomiste a de son côté pointé un « moment d’indignité politique », Moetai Brotherson et Antony Géros ayant « oublié le peuple qu’ils prétendaient servir lors de leur élection ».
« La tribune officielle de notre assemblée a été confisquée par deux factions rivales pour y dérouler un programme politique en vue des prochaines élections territoriales, au mépris des institutions du Pays et de la population qui attend toujours que l’on s’occupe de ses problèmes », a-t-il taclé.



