Tahiti Nui Télévision : À Paea, Tepuaraurii Teriitahi détrône Anthony Géros dès le premier tour. Est-ce que vous vous y attendiez ?
Edouard Fritch, maire de Pirae, leader du Tapura Huira’atira : « Tepuaraurii Teriitahi depuis un certain temps travaille sur le terrain à Paea. Elle est effectivement, comme elle le disait, très très proche de sa population. Et je crois que, comme elle le fait avec nous, elle a cultivé l’esprit familial. Elle a cultivé l’amour. Elle était très proche de sa population. Elle était très proche de ceux qu’elle fréquentait. Et aujourd’hui, non, il n’y a pas à être surpris. Je crois qu’effectivement, c’est son travail et son comportement qui a fait que Paea a fait son choix. »
TNTV : Alors avec cette base électorale désormais solide, on imagine que Tepuaraurii Teriitahi pèse beaucoup plus lourd au sein de votre parti ?
Edouard Fritch : « Oui, elle pesait déjà très lourd au sein du parti. Tepuaraurii a pris en main le groupe du Tapora, ça fait quoi, dix ans maintenant qu’elle œuvre au sein du parti. Encore aujourd’hui, c’est sur elle que nous comptons pour la coordination de nos travaux au niveau de l’Assemblée, la coordination au niveau de nos collaborateurs. Elle est sur la trajectoire de devenir effectivement un membre important, influent de la diaspora politique de ce pays. »
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TNTV : Edouard Fritch, est-ce que vous serez le candidat du Tapura aux prochaines élections territoriales puisque vous êtes renforcé finalement par votre élection à Pirae, ou est-ce que, vous qui dites préparer la relève depuis de nombreuses années, ça peut être Tapuaraurii Teriitahi ?
Edouard Fritch : « Vous savez, c’est tout l’intérêt que je portais à ces élections municipales. Et c’est la raison pour laquelle j’ai beaucoup oeuvré, j’ai beaucoup appelé à l’unité. Vous l’avez dit, aucune division ne peut apporter de résultat positif. La division, vous savez, en politique comme partout ailleurs, c’est l’échec, même en football. Donc il faut à tout prix se regrouper. Et c’est l’objectif que nous avions pour ces élections. Parce qu’effectivement, qu’on le veuille ou pas, les élections municipales vont introduire derrière les élections sénatoriales. C’est au mois de septembre prochain. Et surtout l’année prochaine, on va avoir l’élection présidentielle. Le nouveau président choisira une nouvelle majorité. Donc nous aurons des élections parlementaires. Et ensuite 2028 avec l’élection territoriale. Nous nous devons aujourd’hui de préparer ces élections territoriales. Et c’est la raison pour laquelle effectivement, comme d’habitude, il faut préparer l’avenir. N’est-ce pas ? Et puis bon, nous, on se fait vieux. On est peut-être encore aptes au combat. On est là, on veut continuer à se battre parce qu’on aime notre pays. Moi, je ne me bats pas pour moi. Je me bats pour ma commune. Je me bats pour mon pays. Et je mènerai les équipes au combat pour 2028. Mais ceci ne veut pas dire effectivement, et vous avez raison, que je ne serai pas toujours le candidat à la présidence de ce pays. »
TNTV : Ça veut dire qu’on peut imaginer un scénario un peu comme le Tavini en 2023. C’est-à-dire que Moetai Brotherson a été le président alors que la liste était menée par Oscar Temaru. C’est possible ça ?
Edouard Fritch : « Bien sûr que c’est possible. Mais ce que j’ai envie de faire, c’est de le faire, que ça ne soit pas une surprise. Il faut préparer. Je ne veux pas, je ne veux pas, si ce schéma se produisait au Tapura Huiraatira, envoyer au gouvernement quelqu’un qu’on n’aura pas préparé, comme le schéma du Tavinu Huiraatira aujourd’hui. Monsieur Brotherson, manifestement, n’est pas préparé à prendre les affaires du pays. Donc, je veux préparer. Je veux préparer cet avenir. Il faut préparer, effectivement, la future présidente, puisque vous parlez de Tepuaraurii. Pourquoi pas ? En tous les cas, vu ce qu’elle fait aujourd’hui, vu le travail qu’elle produit, vu l’amour qu’elle développe, la chaleur qu’elle développe vis-à-vis de nos électeurs, parce que les électeurs l’aiment. Oui, c’est une candidate sérieuse pour 2028. Il faut qu’elle travaille un peu plus. Il faut qu’elle soit, effectivement, qu’elle mature en matière politique. Mais voilà, on va se battre en tous les cas pour qu’en 2028, ce pays redevienne autonomiste. »
TNTV : Edouard Fritsch, à Pirae vous êtes réélu au premier tour avec près de 60 % des voix après le basculement des territoriales en 2023. Ce score est-il pour vous la preuve que le message du Tapura est à nouveau entendu par les Polynésiens ?
Edouard Fritch : « Oui, bien sûr que quelque part, le message du Tapura persiste. Il persiste du fait qu’en ce moment, effectivement, le message indépendantiste devient de plus en plus fort. Vous en avez beaucoup parlé pour analyser les résultats des communes d’aujourd’hui. Alors, effectivement, nous sommes là et nous continuons à nous battre pour protéger la présence de la France chez nous. Et on veut rester Français. Il ne faut pas oublier que ce sont quand même des élections différentes des autres. Les élections communales se construisent sur la relation humaine, sur l’affectivité. Ces relations sont particulières. Il faut prendre des jeunes, mais il faut prendre des jeunes qui sont connus dans les associations. Il faut prendre des personnes qui soient dans le cercle des religions, dans la commune. C’est une élection assez particulière. Et je me réjouis, effectivement, qu’à Pirae, la sanction qui nous a été faite hier est une sanction positive, à savoir que nous avons bien agi. Et j’espère, au moment où je vous parle, parce que j’ai quand même encore beaucoup d’inquiétude pour notre capitale. Et j’espère aujourd’hui, en tous les cas, compte tenu des éléments que nous avons en tête des autonomistes, et puis cette division des indépendantistes qui les ont affaiblis, je pense qu’on a en partie gagné le pari de garder Papeete entre les mains des autonomistes. Et c’est le rêve, je crois, de pas mal des habitants de Papeete aujourd’hui. »
TNTV : Justement, vous parliez de la jeunesse. Votre liste est composée à 50 % de nouveaux visages politiques dans certains représentants de la jeunesse. Est-ce que c’est ce qui a pesé dans le vote des municipales ?
Edouard Fritch : « Oui, je pense qu’ils ont pesé. Vous savez, la campagne électorale chez nous a été divisée en deux. Je me suis battu pour défendre ce qui a été fait par l’équipe sortante. Et cette jeunesse que vous citez aujourd’hui a défendu tout ce qui est prévu pour l’année, pour les six années à venir. C’est eux qui ont développé, en fin de compte, le programme au niveau de la famille, au niveau de la sécurité, au niveau du bien-être à Pirae. Ce sont ces jeunes-là, avec leur nouvelle vision, puis avec leur nouvelle énergie, parce qu’il faut savoir présenter les choses. Et puis on a utilisé, comme tout le monde, les réseaux sociaux. Ils ont su faire et, effectivement, ils ont contribué aussi, je dois l’avouer, à la victoire de notre liste.«



