Le tribunal correctionnel de Papeete s’est penché, ce lundi, sur une affaire de violences aggravées survenues le 25 décembre à Taiarapu Ouest.
Deux frères, âgés aujourd’hui de 34 et 29 ans, étaient poursuivis pour des faits de violences, dont l’un avec arme (un coupe coupe d’une quarantaine de centimètres), menaces de mort et violation de domicile.
À l’origine du dossier, un différend ancien entre l’aîné, Teva*, et Hugo*, un carrossier de la Presqu’Île. Insatisfait d’un travail de réparation automobile, Teva réclamait depuis près de deux ans un remboursement de 370 000 francs. Des plaintes avaient été déposées, sans suites.
Convaincu d’être mené en bateau, il décide finalement de se rendre au domicile du carrossier une premiere fois, puis une seconde accompagné de son cadet, Manu*, afin de récupérer son véhicule, ce qu’il fait, sans toutefois être remboursé.
Teva et Manu passent finalement la nuit du réveillon ensemble. Les deux frères boivent “7-8 bières chacun”, et Teva explique être fragilisé par une accumulation de difficultés : les problèmes de santé de sa compagne, des soucis financiers et l’hospitalisation récente de son fils. Ils décident alors de se rendre chez le créancier pour « discuter » avec lui. Manu , pour l’ « intimider”, part avec le coupe coupe.
Arrivés sur la terrasse de la propriété vers 4h du matin, les deux hommes crient. Le plus jeune brise la vitre d’une chambre, sommant Hugo de sortir. Des faits que l’aîné affirme ne pas avoir vus. Désarmé après avoir légèrement blessé la compagne d’hugo, Manu s’en prend à lui sous les yeux de son fils de 6 ans, réveillé par la dispute. Teva, qui reconnait avoir porté deux claques, assure ne pas s’etre rendu compte de suite de la présence du petit.
Teva « ne voit rien de ce qui se passe” , souffle le président du tribunal, dubitatif. Lui assure être venu “seulement pour discuter” et jure n’avoir frappé personne violemment, assurant qu’il s’en souviendrait car sa main “se fracture facilement” .
Inconnu de la justice, père de trois enfants, Teva met en avant sa situation professionnelle stable et son passé public, marqué notamment par un titre de Mister Tahiti et des récompenses pour ses talents de danseur. À l’inverse, son cadet présente un casier judiciaire loti de petites condamnations pour vol, menaces, usage de stupéfiants et conduite sans permis.
À la barre, Teva exprime ses regrets : “Je ne suis pas fier du tout. Je suis parfaitement conscient que j’ai déconné. C’est moi le grand frère, j’aurais dû arrêter. Je suis désolé de la tournure que cette affaire a prise. Je pourrais tout perdre.” , déclare-t-il.
Pour les parties civiles, Me Da Fonseca décrit une arrivée “alcoolisés et énervés”, évoquant une balustrade cassée “à coups de pied” . La procureure, elle, estime que les deux frères ont voulu se faire justice eux-mêmes. “Ce n’est pas se rendre justice, c’est de la vengeance” , lance-t-elle, dénonçant une “opération commando” et une scène de violence unique qu’ils n’“assument pas” .
En défense, Me Chloé Atlan affirme le contraire : “À aucun moment l’un ou l’autre ne banalise ce qui s’est passé” . Selon elle, “ils reconnaissent ce qu’ils se souviennent avoir fait” .
Le tribunal a finalement relaxé les deux frères des faits de violation de domicile, et Teva des faits de menaces de mort réitérées. Il se voit infliger une peine d’un an de prison avec un sursis probatoire d’une duree de deux ans. Manu écope de deux ans de prison dont un an avec sursis probatoire. Le tribunal n’a pas ordonné son maintien en détention.
Ils devront indemniser les victimes à hauteur de 350 000 francs.
*Les noms ont été modifiés



