Bis repetita au palais de justice de Papeete. Condamnés le 9 septembre dernier à des peines comprises entre 6 et 8 années de prison ferme, les 14 ressortissants équatoriens ont connu le même sort ce jeudi.
Comme en première instance, les prévenus ont assuré que les 524 kilos de cocaïne découverts par la Marine nationale sur leur chalutier, arraisonné en décembre 2024 au large des Australes, était arrivé à bord pas inadvertance. En l’occurrence après avoir été pris dans leurs filets la veille de leur interpellation.
« Personne ne partirait avec ça à bord pendant 3 mois. Et quand nous avons été arrêtés, nous étions sur la route du retour. J’ai été engagé pour la pêche. C’est tout ce que je peux dire », a déclaré le capitaine du navire depuis le box des prévenus.
Selon les marins, l’équipage avait prévu de ramener 80 tonnes de poissons. Mais les militaires ont constaté que les cales du bateau étaient vides. La faute à une panne des chambres frigorifiques, selon les mis en cause, qui les a contraint à jeter leurs prises. Sauf qu’une expertise a démontré qu’elles fonctionnaient parfaitement.
« C’est complément illogique de sortir avec une telle quantité de drogue », s’est défendu un marin, aide cuisinier à bord. L’un de ses collègues avait pourtant déclaré en garde à vue, avant de se rétracter, que tous savaient la nature illégale de la marchandise qu’ils transportaient. « Ce sont les gendarmes qui lui ont dit de dire cela sous la contrainte », a-t-il rétorqué.
Pour leurs avocats, l’instruction du dossier n’a pas permis de démontrer avec certitude leur culpabilité. Un doute qui devait, selon eux, profiter à leurs clients et être synonyme de relaxe pure et simple.
Mais les brèves explications des 14 marins n’ont pas convaincu les magistrats de la cour d’appel qui ont donc confirmé l’intégralité des peines prononcées par le tribunal correctionnel, notamment 8 ans ferme pour le capitaine du bateau.
Les 524 kilos de cocaïne n’étaient pas destinés au marché polynésien, mais probablement aux consommateurs australiens. Si ces 14 ressortissants équatoriens ont été jugés (et condamnés) à Tahiti, il n’en sera pas de même pour l’équipage intercepté il y a une dizaine de jours avec près de 5 tonnes de cocaïne à bord de leur navire.
La justice française n’a, ici, pas été saisie, mais leurs pays d’origine ont l’opportunité d’engager des poursuites s’ils le souhaitent.



