Une soirée cauchemar qui risque de laisser des traces. Ce lundi, le tribunal correction s’est penché sur le dossier d’un homme de 38 ans multirécidivise, poursuivi pour des faits de violences sur ses voisins, ainsi que pour insultes, crachats et rébellion contre deux mutoi et deux gendarmes.
Les faits se déroulent à Paea, dans un contexte lourd. Ce soir-là, comme souvent, le couple consomme de l’alcool. Et comme souvent, la discussion prend une tournure houleuse, notamment lorsque la conjointe évoque la voiture familiale, à laquelle le prévenu, mécontent des problèmes mécaniques, a mis le feu deux jours auparavant. La tension monte rapidement et la violence physique éclate. Le tout, sous les yeux du fils de douze ans, qui raconte la suite de la scène aux enquêteurs.
C’est lui qui, à la demande de son père, va chercher sa mère, qui s’est éclipsée. Il la retrouve pendue dans la salle de bain, inconsciente. Le père retire la corde : elle respire encore, faiblement. Ivre, ce dernier tente d’appeler les secours, mais jette son téléphone au sol et le casse. L’enfant part, à la demande de son père, chercher de l’aide chez les voisins, un couple habitué à entendre les disputes de ce foyer.
Comprenant que la situation est grave, le voisin appelle les pompiers. La situation dégénère lorsque le prévenu fait irruption chez eux, adoptant une attitude menaçante. Il se jette sur celui qui vient pourtant d’appeler les pompiers et probablement de sauver sa compagne, dans un comportement « hystérique », selon l’un des témoins. Le prévenu part, puis revient armé d’une feuille de boucher. Il déclare vouloir « tuer » son voisin et « toute sa famille ». Il pointe le couteau vers eux, et mime le geste de le lancer.
À l’arrivée des mutoi, le prévenu refuse de lâcher son arme. Il finit par obtempérer seulement à l’arrivée de deux gendarmes, non sans les insulter. « Il est parti en vrille », assure l’un des mutoi. Les forces de l’ordre doivent s’y mettre à quatre pour le maîtriser. Il se débat violemment et leur crache dessus.
Devant le tribunal, l’homme se présente comme épileptique et affirme être sujet à des pertes de mémoire. Il dit ne pas se souvenir avoir agressé son voisin. En revanche, il reconnaît sa colère contre les gendarmes, expliquant qu’il ne comprenait pas pourquoi ils ne l’emmenaient pas voir sa compagne. « Quand je m’enerve je suis toujours comme ça, depuis tout petit. Chacun est comme il veut », affirme-t-il à la barre.
Sa femme sera finalement sauvée. Il s’agirait, selon sa belle-sœur, de sa troisième tentative de suicide, la première ayant eu lieu à Moorea, déjà par pendaison, dans un jardin. Le prévenu nie ces tentatives et adopte une attitude défensive à l’audience.
« Vous m’inquiétez », glisse la présidente du tribunal. L’homme a déjà été condamné à deux reprises pour des violences sur conjoint. Il se trouvait sous le coup d’un sursis probatoire au moment de fait.
Le tribunal l’a condamné à 15 mois de prison dont 9 avec un sursis probatoire pendant deux ans, plus 10 mois de sursis révoqués. Il s’est vu infliger une interdiction de contact avec sa conjointe, une interdiction de paraître à son domicile, et devra dédommager les victimes : 120 000 Fcfp pour les représentants des forces de l’ordre, plus 100 000 Fcfp pour son voisin



